Une voiture sur dix en France jugée irréparable et jetée à la casse

Une voiture sur dix en France jugée irréparable et jetée à la casse

En France, une voiture sur dix est aujourd’hui considérée comme économiquement irréparable après un accident. La plupart du temps, cette décision est motivée par des raisons financières, notamment parce que le coût des réparations dépasse la valeur du véhicule. Face à cette situation, de nombreux véhicules encore en bon état mécanique sont envoyés prématurément à la casse, ce qui alimente un marché de l’occasion déjà très tendu.

Qu’est-ce qu’un véhicule économiquement irréparable ?

Un véhicule économiquement irréparable (VEI) n’est pas forcément une épave sur le plan technique. Souvent, il reste en état de rouler. Le problème réside dans le coût des réparations, qui dépasse la valeur vénale du véhicule. Dans ce cas, l’assureur préfère indemniser le propriétaire et déclarer le véhicule comme non réparable. Avec un parc automobile qui vieillit, cette situation devient de plus en plus courante. En moyenne, un véhicule particulier en France a 12,1 ans, ce qui réduit sa valeur et augmente les chances qu’il soit classé VEI après un sinistre.

Par exemple, une Renault Clio 3 de 2016 avec 170 000 km, endommagée à l’arrière dans un accident non responsable, a une valeur estimée à 3 000 €. La réparation nécessite le remplacement du pare-chocs, du hayon, des optiques arrière et d’une aile, pour un coût total supérieur à 3 000 €. Comme le devis dépasse la valeur du véhicule, l’assureur le déclare irréparable. L’assuré reçoit une indemnisation, mais doit ensuite rechercher un nouveau véhicule sur un marché de l’occasion tendu et inflationniste.

Une solution pour éviter la casse : les pièces de réemploi

Une alternative existe : l’utilisation de pièces de réemploi ou remanufacturées. Ces pièces, issues de l’économie circulaire, sont contrôlées, traçables et conformes aux normes de sécurité. Elles coûtent en moyenne 50 % moins cher que des pièces neuves. Selon un sondage, 86 % des Français considèrent le prix comme le critère principal pour choisir ces pièces. Pourtant, en 2025, elles ne représentent que 5,9 % des pièces utilisées pour la réparation de collision, alors que 91 % des automobilistes y sont favorables.

Dans le cas de la Renault Clio, en remplaçant les pièces endommagées par des pièces issues de l’économie circulaire, le coût de la réparation peut être réduit d’environ 1 000 €, ramenant le devis à moins de 2 000 €. Ainsi, le véhicule reste dans la fourchette de sa valeur vénale, ce qui évite qu’il soit classé VEI et qu’il parte à la casse. La voiture continue alors à rouler, encore en état de service.

Une obligation pour les garagistes

Depuis 2017, les garagistes doivent systématiquement proposer des pièces de réemploi pour certaines réparations. Cependant, cette pratique n’est pas encore généralisée. Julien Dubois, cofondateur de Valused, insiste sur l’importance d’instaurer le réflexe PIEC, à la fois chez les réparateurs et chez les automobilistes. Il souligne que la pièce issue de l’économie circulaire n’est pas une solution par défaut, mais une option responsable, économique et fiable. Faciliter son accès est essentiel pour structurer une filière durable pour le parc automobile français.

Pour l’automobiliste, il suffit souvent de demander dès le début à son réparateur d’étudier la possibilité d’utiliser des pièces de réemploi. Car, en fin de compte, la différence entre une voiture encore en bon état et une autre déclarée irréparable peut se jouer sur quelques lignes dans un devis.

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