Renault envisage de relocaliser ses voitures électriques en Espagne

Renault envisage de relocaliser ses voitures électriques en Espagne

Une possible relocalisation de la production des grands modèles

Le groupe Renault pourrait changer sa stratégie de production en transférant la fabrication de ses futurs véhicules électriques de segments C et D vers l’Espagne. Selon des informations, l’usine de Palencia, située dans la région de Castille-et-León, serait pressentie pour assembler ces modèles à partir de 2028. Ce projet impliquerait un investissement important afin d’adapter les chaînes de montage à des architectures plus lourdes et complexes.

Actuellement, cette usine assemble déjà l’Austral, l’Espace, ainsi que la version actuelle du Renault Rafale. Ces véhicules reposent encore sur des motorisations hybrides. La nouvelle plateforme technique, conçue pour accueillir de plus grandes batteries, permettrait de pérenniser l’activité de ce site historique. La décision de délocaliser la production des modèles électriques de grande taille en Espagne s’inscrit également dans une logique de réduction des coûts, puisque la fabrication y reste moins onéreuse qu’en France.

Ce transfert pourrait entraîner le changement de site pour le Renault Scenic électrique, actuellement produit à Douai. La direction de Renault, sollicitée par l’Agence France-Presse, reste prudente et évoque une simple « réflexion en cours ». Cette réserve est classique avant toute annonce officielle, surtout lorsqu’un enjeu politique est en jeu. En effet, l’État français, qui détient une part du capital, surveille attentivement la localisation des productions. Cependant, le marché impose une certaine flexibilité, et l’efficacité industrielle de Palencia est un argument fort dans cette hypothèse.

Une usine espagnole renforcée pour les grands gabarits

Le 10 mars prochain, Renault doit présenter sa nouvelle feuille de route. Les rumeurs indiquent que la société pourrait confier la fabrication de ses futurs véhicules électriques de segments C et D à son site de Palencia. Ce site, déjà producteur de l’Austral, de l’Espace et du Rafale, pourrait ainsi voir sa mission élargie. La modernisation des équipements avec des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros serait nécessaire pour accueillir des architectures de batteries plus volumineuses.

Ce choix s’explique notamment par des coûts de production plus faibles en Espagne comparés à la France. La prochaine version du Renault Scenic électrique pourrait donc quitter Douai pour rejoindre cette usine. La direction, cependant, préfère ne pas confirmer officiellement cette information, évoquant simplement une « réflexion en cours ». La prudence est de mise, notamment en raison de la sensibilité politique du sujet.

Malgré cela, la compétitivité et la capacité à gérer des volumes importants avec une qualité constante ont déjà prouvé la solidité de l’outil industriel espagnol. La relocalisation des grands modèles pourrait ainsi assurer la pérennité de l’usine de Palencia.

Le rôle de l’usine ElectriCity en France

Il ne faut pas croire que les usines françaises soient en difficulté. Le pôle ElectriCity, regroupant les sites de Douai, Maubeuge et Ruitz, continue d’accueillir de nouvelles productions. La direction affirme que la production y augmente régulièrement, illustrée par le recrutement d’une équipe de nuit à Douai. Le site est en train de devenir un hub pour l’ensemble des partenaires du groupe, au-delà de la simple fabrication de Renault.

Ce contexte prend tout son sens avec les annonces récentes concernant Ford. Le constructeur américain souhaite réduire ses coûts en s’appuyant sur l’ingénierie de Renault. Il est donc logique que des projets communs soient envisagés dans les usines françaises, notamment pour plusieurs modèles destinés aux marques Nissan et Mitsubishi. Au total, six véhicules différents devraient sortir des lignes de Douai, ce qui permet de diversifier la production et de sécuriser l’avenir du site.

Ce découpage géographique en France et en Espagne reflète une nouvelle organisation industrielle pour Renault en Europe. D’un côté, une usine nordiste spécialisée dans les petits véhicules urbains et la technologie. De l’autre, une usine espagnole axée sur des véhicules à plus forte marge, capables d’absorber des coûts logistiques plus élevés pour l’exportation.

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