Un Robotaxi sans conducteur arrêté en pleine infraction en Californie

Un Robotaxi sans conducteur arrêté en pleine infraction en Californie

Une voiture arrêtée pour une infraction sans conducteur à bord

Lors d’un contrôle routier à San Bruno, en Californie, des policiers ont intercepté un robotaxi Waymo en pleine infraction. La scène aurait pu être banale si ce n’était le fait que le véhicule ne comportait aucun conducteur à l’intérieur.

Ce vendredi soir de septembre 2025, dans le cadre d’une opération visant à lutter contre l’alcool au volant, une patrouille a repéré un robotaxi effectuer un demi-tour interdit. Les policiers ont alors activé leurs gyrophares, et le véhicule s’est rangé sur le côté de la route comme le ferait un conducteur humain. Mais à leur grande surprise, l’intérieur était vide : personne au volant, pas même un passager.

Le véhicule diffusait simplement de la musique. Les policiers, intrigués, ont tenté de comprendre à qui ils avaient affaire. Grâce au système de communication à bord, ils ont pu joindre un opérateur de Waymo à distance. Sur les réseaux sociaux, le département de police de San Bruno a résumé la scène avec une pointe d’ironie : « No driver, no hands, no clue ».

Un problème juridique et technique pour la police

Ce genre d’incident soulève une question essentielle : qui doit payer l’amende lorsqu’un robotaxi autonome commet une infraction ? En Californie, un demi-tour illégal peut coûter entre 200 et 300 dollars (environ 185 à 275 euros). Mais dans ce cas précis, aucune contravention n’a été dressée, car il est impossible d’attribuer une amende à une machine sans conducteur.

Les policiers ont donc signalé l’incident à Waymo et au Department of Motor Vehicles (DMV). Aucun procès-verbal n’a été émis dans la rue. La scène a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant des réactions amusées ou irritées face à l’impunité que pourrait offrir la conduite autonome.

Les enjeux de la responsabilité des véhicules autonomes

Waymo, filiale d’Alphabet (maison mère de Google), déploie ses voitures dans plusieurs grandes villes américaines. Elle est souvent au centre des débats sur la responsabilité en cas d’incidents. En 2024, certains de ses robotaxis avaient accumulé plus de 65 000 dollars d’amendes pour stationnement à San Francisco, illustrant la difficulté pour les autorités de faire payer ces véhicules automatisés.

Pour l’instant, les policiers peuvent documenter ces écarts de conduite et les remonter aux autorités, mais ils ne peuvent pas directement verbaliser l’entreprise comme ils le feraient avec un conducteur humain.

Une évolution législative en préparation

Ce type d’incident intervient alors que la Californie prépare une nouvelle loi, la loi AB 1777, qui doit entrer en vigueur en juillet 2026. Elle permettra d’envoyer des notifications d’infraction directement aux exploitants de robotaxis, sans passer par un conducteur absent. La loi prévoit également la mise en place d’une hotline accessible 24 heures sur 24 pour les forces de l’ordre, une communication bidirectionnelle dans chaque véhicule, et la possibilité d’immobiliser un robotaxi à distance en moins de 30 secondes.

En attendant cette réforme, les policiers continuent d’arrêter des véhicules autonomes, parfois sans pouvoir verbaliser personne à bord.

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