Importations chinoises en Europe : une faille réglementaire qui inquiète

Importations chinoises en Europe : une faille réglementaire qui inquiète

Une faille réglementaire facilite l’importation des voitures chinoises en Europe

Alors que l’Union européenne met en place des droits de douane sur les véhicules électriques chinois, une faille dans la réglementation permet à plusieurs constructeurs chinois de contourner les normes de sécurité européennes. Cette situation inquiète certains acteurs du secteur automobile.

Une entrée par la Pologne

De nombreuses marques chinoises s’installent discrètement en Europe, avec une préférence pour la Pologne. Ce pays est devenu un point d’accès clé pour pénétrer le marché européen. Pourtant, Varsovie interdit l’utilisation de véhicules chinois près de ses sites militaires, craignant d’éventuelles actions d’espionnage. Cependant, la réglementation polonaise ne leur permet pas de freiner leur prolifération sur le territoire.

Une stratégie d’expansion progressive

Les constructeurs chinois adoptent une approche méthodique. Ils testent d’abord leur présence dans les pays de l’Est, puis, si les résultats sont positifs, ils cherchent à s’étendre vers l’Ouest. Cela leur permet de s’implanter durablement tout en évitant une attention trop forte. Mais la manière dont ils opèrent pose problème.

Des normes de sécurité à la carte

La difficulté réside dans la législation européenne, qui vise à garantir la sécurité routière tout en étant obsolète. Elle permet à certains constructeurs chinois d’éviter les exigences strictes imposées aux marques européennes, japonaises ou américaines.

Comment cela est-il possible ? Grâce à l’homologation européenne pour les « séries courtes », prévue par le règlement 2018/858. Cette exception autorise la vente de véhicules produits en petites quantités, jusqu’à 1 500 unités par an, sans respecter toutes les normes de sécurité obligatoires. Concrètement, ces véhicules ne disposent pas de dispositifs essentiels comme la reconnaissance des piétons, le freinage automatique d’urgence, l’assistant de maintien de voie ou la détection des angles morts. Autrement dit, ils ne répondent pas aux exigences de la norme GSR II.

Une concurrence déloyale

Des marques chinoises telles que BAIC, Bestune, Dongfeng, Forthing, GAC, JAC ou Jetour profitent de cette réglementation avantageuse. Certaines, comme DR Automobiles, vont jusqu’à importer des véhicules en pièces détachées, puis les remonter en Italie pour se présenter comme des « constructeurs italiens ».

Cette situation crée une distorsion de concurrence. Pendant que les marques établies investissent massivement dans le développement de systèmes de sécurité, certains nouveaux entrants chinois en profitent légalement pour réduire leurs coûts. Les consommateurs, quant à eux, peuvent ne pas être conscients qu’ils achètent des véhicules moins sûrs, attirés par des prix compétitifs.

Des exceptions chez quelques marques chinoises

Il ne s’agit pas de toutes les marques chinoises. Des entreprises comme BYD, OMODA, Jaecoo ou Leapmotor ont choisi l’homologation complète, tout comme MG qui a vendu 300 000 véhicules en Europe en 2025.

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