Malus écologique décuplé : la Peugeot 208 bientôt frappée par une taxe record
Une fiscalité qui fait polémique
Depuis 2008, les émissions moyennes de CO2 des voitures neuves en France ont diminué d’environ 33 %, passant de 140 à 94 g/km. Malgré cette baisse, le plafond du malus écologique a été multiplié par 31, atteignant désormais 80 000 euros. Par ailleurs, le seuil d’application du malus a été abaissé de 160 à 108 g/km, ce qui fait que près de 70 % des voitures neuves sont concernées en 2026. La Peugeot 208, très populaire, doit ainsi payer 230 euros lors de l’achat.
Un écart marqué avec nos voisins européens
Une étude menée par Caroom compare la fiscalité automobile à l’achat et sur 15 ans dans l’Union européenne. Elle montre un écart important avec d’autres pays. Par exemple, un Nissan Qashqai MHEV coûte 2 918 euros de malus en France, contre zéro en Allemagne. De même, un BMW X5 diesel représente un malus de 80 000 euros en France, mais rien en Allemagne. Parmi les cinq principaux marchés européens, aucun ne pratique une surtaxe aussi élevée à l’achat.
Ce qui est frappant, c’est la tendance à la hausse : le plafond du malus, fixé à 80 000 euros, augmente de 10 000 euros chaque année depuis 2021. Personne ne semble s’interroger sur la limite de cette progression.
Une taxe qui contredit ses propres objectifs
Le cas de la Peugeot 5008 PHEV 225 illustre cette contradiction. Ce SUV hybride rechargeable, fabriqué en France et émettant seulement 63 g/km de CO2, devrait être exonéré du malus pour ses faibles émissions. Pourtant, son poids lourd de 2 123 kg entraîne un malus au poids de 6 100 euros à l’achat. En Allemagne, ce véhicule ne paie rien.
Ce paradoxe montre que le malus peut pénaliser un véhicule propre et fabriqué localement, simplement à cause de son poids. Les malus CO2 et au poids s’additionnent, et parfois se contredisent.
Depuis 2020, une partie des recettes du malus est directement versée au budget de l’État et ne finance plus la transition écologique. En 2027, le malus devrait rapporter 4,44 milliards d’euros, soit sept fois plus qu’en 2023, sans aucune obligation écologique liée à ces fonds.
Les effets inattendus sur le marché automobile
Les conséquences économiques sont visibles. En 2024, les immatriculations de voitures neuves restent en baisse de 22 % par rapport à avant la pandémie. En parallèle, les ventes de voitures d’occasion ont explosé : on en achète 3,3 pour chaque neuve, contre 2,2 en 2019. L’âge moyen des véhicules d’occasion dépasse désormais 11 ans.
Face à un malus de 11 000 euros pour l’achat d’une Golf GTI neuve, beaucoup se tournent vers des modèles plus anciens, souvent sans malus mais plus émetteurs. La demande ne disparaît pas, mais se déplace vers des véhicules plus anciens, moins conformes aux normes environnementales actuelles.
