Batteries électriques : la vérité sur leur endurance au-delà de 200 000 km

Batteries électriques : la vérité sur leur endurance au-delà de 200 000 km

Les batteries des voitures électriques à plus de 200 000 km : des surprises

Beaucoup pensent qu’une batterie de voiture électrique ne peut pas tenir plus de 200 000 km. Pourtant, une enquête récente remet en question cette idée reçue. Elle révèle que la plupart des batteries restent en bonne santé même après avoir parcouru de très longues distances.

En avril 2026, la chaîne EV a lancé un appel à témoins : demander aux propriétaires de voitures électriques de partager leur expérience, kilomètre par kilomètre, notamment l’état de leur batterie. Au total, ce sont 3 055 véhicules qui ont été analysés, avec près de 1 500 réponses détaillées sur la santé des batteries. Les résultats surprennent, surtout pour ceux qui redoutaient la fin de vie des batteries au-delà de 200 000 km.

Une batterie encore performante à 200 000 km

Pour évaluer la santé d’une batterie, on utilise généralement un indicateur appelé SoH, pour « State of Health ». Une batterie neuve affiche 100 %, tandis qu’à 90 %, elle a perdu environ un dixième de sa capacité initiale. Comme avec un smartphone, cette baisse se traduit par une autonomie plus faible au quotidien.

Les données recueillies montrent que, en moyenne, les véhicules ont un SoH de 94,8 %. Près de 9 voitures sur 10 conservent au moins 90 % de leur capacité d’origine. Cela signifie que, pour la majorité, la batterie n’a presque pas perdu d’autonomie. La plupart des répondants savent que le coût de remplacement d’une batterie est élevé, mais ils constatent que la perte d’autonomie n’est pas aussi dramatique que ce qu’on pourrait imaginer. Il faut noter que l’échantillon est principalement composé de passionnés, notamment des utilisateurs de Tesla, et que les données sont déclaratives, pas issues de tests en laboratoire.

Une usure progressive, sans chute brutale

Le suivi de la santé des batteries en fonction du kilométrage montre une tendance très positive. À moins de 50 000 km, la capacité moyenne est de 95,9 %. Entre 50 000 et 100 000 km, elle descend à 94,7 %. Entre 100 000 et 150 000 km, on observe 93,6 %. Jusqu’à 200 000 km, la moyenne reste encore à 92,1 %, témoignant d’une usure douce et régulière.

Ce qui est particulièrement remarquable, c’est ce qui se passe après avoir dépassé la barre des 200 000 km. Au-delà, la capacité moyenne reste à 90,2 %, soit une perte d’environ 10 % seulement. Alors que les moteurs thermiques commencent souvent à montrer des signes de fatigue à ce kilométrage, les batteries électriques conservent l’essentiel de leur énergie. Ces résultats corroborent d’autres études montrant une usure limitée même sur de très longues distances. La fin de vie de la batterie ne semble donc pas aussi proche qu’on le pensait.

L’impact du SoH sur la valeur d’occasion

Les différences entre marques sont notables. Kia affiche un SoH moyen de 99 %, Hyundai de 98 %, Volvo de 96 %, MG de 95 %, Tesla de 93,5 %, Peugeot de 91 %, et Nissan de 90,5 %. Ces écarts ont une influence directe sur la revente, notamment pour des véhicules avec un kilométrage élevé.

Pour les acheteurs d’occasion, cela signifie que le compteur kilométrique ne suffit pas à juger de l’état réel de la batterie. Deux voitures ayant le même kilométrage peuvent présenter des SoH très différents, avec des conséquences financières importantes. Selon l’enquête, 96 % des conducteurs considèrent leur voiture électrique comme plus fiable que leur ancienne thermique. Avec une capacité moyenne de 90,2 % après 200 000 km, cela pourrait encourager davantage de personnes à opter pour l’électrique.

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