Mondial de l’Auto Paris : record de ventes avec l’engouement électrique
Le Mondial de l’automobile à Paris connaît une forte dynamique commerciale, portée par la hausse des prix du carburant et l’arrivée de nombreux véhicules électrifiés. Sur les premiers jours, près de 240 véhicules sont vendus chaque jour en moyenne, attirant plus de 500 000 visiteurs.
Ce salon s’affirme comme une véritable plateforme de vente pour les constructeurs, qui cherchent à transformer la curiosité en achat. Parmi les dix marques les plus présentes, Renault, BYD et Xpeng enregistrent des résultats remarquables. En début de salon, environ 240 bons de commande sont signés quotidiennement.
Renault domine avec plus de 60 ventes par jour, représentant plus d’un quart des commandes de cet échantillon. Juste derrière, la marque chinoise BYD enregistre environ 55 contrats par jour, suivie par Xpeng avec 44 ventes quotidiennes.
Les constructeurs mettent en place des stratégies pour maximiser leurs ventes. Chez Skoda, par exemple, 80 commandes ont été enregistrées en trois jours, avec un objectif de 200 ventes pour la semaine. La marque mobilise 12 vendeurs permanents et huit bureaux dédiés à l’étage du salon.
« Sur la base du volontariat, de la motivation, on les a choisis parmi les meilleurs, ceux qui se sont portés volontaires », explique Julien Bessière, directeur général de Skoda France.
Du test au bon de commande, une étape clé pour la conversion
Une des raisons de ce succès commercial est la possibilité pour les visiteurs de tester les véhicules directement sur le salon. Ceux intéressés peuvent réserver un créneau pour un essai routier. Avec 100 voitures disponibles à l’essai, c’est une réussite en comparaison avec les 45 de l’édition 2014.
« C’est très important de pouvoir tester les voitures sur le salon, s’il y a quelqu’un d’intéressé sur un stand il peut réserver un créneau pour tester un véhicule », précise Serge Gachot, directeur général du Mondial de l’Auto.
Les essais favorisent la transformation des intentions en achats concrets. Alors que 28 % des visiteurs envisagent de changer de voiture dans l’année, ce taux dépasse 50 % chez ceux qui ont effectué un essai routier.
La hausse du prix des carburants stimule également la demande. Chez Skoda, par exemple, la gamme électrique s’est doublée avec de nouvelles offres, tout en conservant une forte demande pour les véhicules thermiques et hybrides.
Une expérience client soignée, comme chez Alfa Romeo
Chez Alfa Romeo, tout est pensé pour séduire. Après l’essai, le client est invité à négocier dans un salon privé, autour d’un cappuccino personnalisé, avec le logo de la marque. Cette approche vise à renforcer l’expérience d’achat.
« Nous avons été sélectionnés parmi les neuf meilleurs conseillers commerciaux de France pour venir sur le salon, j’ai déjà concrétisé sept ventes depuis l’ouverture », indique Louis, vendeur sur le stand Alfa Romeo.
Les résultats montrent l’efficacité de cette stratégie. La moitié des ventes sur le stand concerne désormais des véhicules électriques. Les modèles phares, comme le DS Numéro 7 ou la Lancia Gamma, rencontrent un vif succès, cette dernière représentant déjà deux tiers des commandes de la marque sur le salon.
Smart, surprise par le fort engouement pour sa nouvelle #2
Sur le stand Smart, le lancement de la nouvelle #2 en avant-première mondiale dépasse les attentes. La forte affluence oblige le constructeur à mobiliser plus de vendeurs que prévu. Un acheteur allemand a même fait le déplacement rien que pour cette voiture, et souhaite acquérir la série limitée « Couture ».
« Le volume d’intentions de commande enregistrées est impressionnant, bien supérieur à ce que nous avions anticipé », confie Cyril Bavard, responsable de Smart France.
La nouvelle citadine propose une fiche technique simple, avec une batterie de 35,8 kWh, un moteur de 82 chevaux, et la clé smartphone en série. Un modèle à tarif très compétitif, conçu pour être l’un des plus abordables en Europe.
Ce lancement s’inscrit dans une croissance prévue de 25 à 30 % pour Smart en 2026, notamment grâce au succès du SUV #5. La micro-citadine devrait représenter plus de la moitié des ventes en 2027.
Une guerre des prix et des garanties pour rassurer les acheteurs
Face à la forte demande, les visiteurs privilégient souvent des arguments économiques comme les garanties. Un acheteur de l’Oise a choisi de passer à l’électrique chez BYD, motivé par une offre avantageuse et la comparaison avec d’autres modèles.
« Plutôt que d’investir dans des réparations coûteuses, nous avons choisi de passer à l’électrique chez BYD », témoigne cet acheteur.
Les constructeurs mettent aussi en avant des garanties solides, comme une couverture de 8 ans ou 250 000 km sur les batteries, pour rassurer les clients.
La présence de marques chinoises s’accompagne d’un déploiement rapide. Par exemple, le groupe Chery, avec ses marques Omoda, Jaecoo et Chery, prévoit d’atteindre 400 points de vente en France d’ici 2027, pour couvrir tout le territoire.
Les acteurs européens répliquent en renforçant leur production locale. Kia, par exemple, vise entre 200 et 220 signatures au salon, profitant de l’assemblage européen de son nouveau SUV électrique EV2, fabriqué en Slovaquie, à un prix inférieur à 29 000 euros. Cette stratégie permet à la marque de bénéficier d’aides et de rassurer les consommateurs face aux tensions commerciales.
