Les voitures électriques passent au sodium-ion : la révolution des batteries abordables
Des constructeurs misent sur la batterie sodium-ion, une alternative au lithium
De plus en plus de fabricants, comme JAC, Renault, Mercedes ou Volvo, s’intéressent aux batteries sodium-ion pour leurs voitures électriques. Ces batteries pourraient représenter une solution plus abordable pour les véhicules, notamment ceux de petite taille.
Un intérêt croissant pour les batteries sodium-ion
Traditionnellement considérées comme lourdes et peu performantes, les batteries sodium-ion refont surface. Elles attirent l’attention des grands groupes, notamment en raison de leur potentiel pour des voitures électriques à prix réduit. Ces batteries pourraient notamment équiper des modèles d’entrée de gamme, autour de 20 000 euros.
Le contexte économique et géopolitique joue en leur faveur : le prix du lithium, la dépendance aux chaînes d’approvisionnement contrôlées par la Chine, ainsi que les performances en hiver, compliquent l’utilisation des batteries lithium. Le sodium, plus abondant, moins cher et plus facile à sécuriser, apparaît comme une alternative crédible, surtout pour les petites citadines.
Les avantages des batteries sodium-ion
Les batteries sodium-ion présentent plusieurs atouts. Selon Pedro Pacheco, vice-président de la recherche chez Gartner, elles sont moins coûteuses, plus tolérantes aux températures extrêmes, et plus résistantes au feu. Cela permettrait de simplifier la conception des systèmes de gestion thermique et de réduire les protections physiques autour du pack de batteries.
De plus, leur résistance au feu pourrait aussi simplifier la sécurité des véhicules électriques. Selon BMI, ces batteries pourraient devenir une technologie complémentaire au lithium-fer-phosphate (LFP) pour les voitures d’entrée de gamme. Elles ne visent donc pas à remplacer le lithium partout, mais à s’installer sur des segments où chaque euro compte.
Les acteurs qui misent déjà sur la sodium-ion
La Chine est en pointe dans cette technologie. JAC Motors, filiale de Volkswagen, a lancé fin 2023 la production du JAC Yiwei E10X, la première voiture électrique équipée en série d’une batterie sodium-ion. Volkswagen a également soutenu cette coentreprise. En parallèle, le fabricant chinois CATL commercialise depuis avril dernier ses batteries sodium-ion, destinées d’abord aux véhicules commerciaux, puis aux voitures particulières à partir de 2026.
CATL a dévoilé sa batterie Naxtra, capable d’une autonomie d’environ 500 km et adaptée à des températures extrêmes, jusqu’à -40 °C. La première voiture à en bénéficier serait une modèle de GAC Aion. D’autres constructeurs chinois comme Chery ou BYD développent également des modèles ou des mélanges sodium-lithium pour optimiser performance et prix.
L’Europe et les États-Unis s’engagent aussi
Les constructeurs occidentaux ne restent pas à l’écart. Renault, via sa coentreprise JMEV, a lancé en Chine un modèle équipé de batteries sodium-ion pour tester cette technologie. General Motors explore aussi cette voie dans une optique de développement durable, tandis que Stellantis investit dans la société Tiamat, qui développe cette technologie.
En Europe, Mercedes-Benz étudie la chimie sodium-ion dans le cadre d’un projet financé par l’État. Le gouvernement allemand a investi 20 millions d’euros pour une centrale sodium-ion, dans le but de développer une filière industrielle locale et de réduire la dépendance aux fournisseurs chinois. Cela s’inscrit dans une stratégie de diversification face aux tensions commerciales.
Un marché en développement, mais avec des limites
Les batteries sodium-ion présentent encore des défis. Elles sont environ 1,5 fois plus lourdes que les packs LFP, ce qui limite leur intérêt pour les grandes voitures ou les SUV avec une autonomie importante. Cependant, pour les petites voitures urbaines, leur faible coût et leur simplicité d’utilisation pourraient faire toute la différence.
Selon Pedro Pacheco, le marché des batteries sodium-ion pourrait connaître la même croissance rapide que celui des batteries LFP, notamment grâce aux efforts des fabricants chinois. Pour les véhicules de ville, cette technologie pourrait permettre de réduire le prix de vente à environ 20 000 euros, en compensant la moindre densité énergétique par un coût global plus faible.
En résumé, les batteries sodium-ion offrent une perspective intéressante pour le segment d’entrée de gamme. Plusieurs constructeurs ont déjà intégré cette technologie dans leurs stratégies, en attendant de voir émerger leurs premiers modèles accessibles sur le marché.
