La Belgique durcit la lutte contre l’usage du téléphone au volant
La Belgique renforce la lutte contre l’utilisation du téléphone au volant
En Belgique, le gouvernement ne tolère plus l’usage du téléphone portable en conduisant. Il prévoit de rendre la législation encore plus stricte pour lutter contre cette pratique dangereuse.
Après des mesures contre la vitesse et l’alcool, l’utilisation du téléphone au volant devient une priorité pour les autorités. Elles s’appuient désormais sur la technologie et un cadre législatif en pleine évolution. Cette politique marque la fin d’une certaine tolérance qui persistait encore chez certains conducteurs.
Les chiffres alarmants fournis par les autorités montrent l’ampleur du problème. Selon une étude, un conducteur belge sur quatre admet lire ou envoyer des messages en conduisant. Un sur huit utilise encore son téléphone, même s’il est interdit. De plus, 10 % des automobilistes participants à l’enquête déclarent participer à des réunions professionnelles en conduisant. Par ailleurs, 6 % regardent des vidéos ou des séries pendant leur trajet.
Cette banalisation des usages numériques inquiète fortement les experts en sécurité routière. En effet, détourner le regard de la route pendant plus de deux secondes multiplie par sept le risque d’accident.
Une surveillance renforcée grâce à la technologie
Face à ce phénomène, les autorités belges misent sur la technologie pour renforcer la surveillance. Elles comptent exploiter le réseau de caméras de lecture automatique de plaques d’immatriculation (ANPR), déjà déployé sur le territoire.
Jusqu’à présent, le respect du RGPD freinait l’utilisation de ces caméras pour détecter l’usage du téléphone au volant. Cependant, cette barrière juridique pourrait bientôt céder. Un groupe de travail interministériel doit se réunir dès mars 2026 pour adapter la législation. L’objectif est de concilier la automatisation des contrôles et le respect de la vie privée, un équilibre difficile mais considéré comme réalisable.
Sur le plan technique, le débat est presque tranché. L’Institut VIAS a prouvé dès 2020 l’efficacité de l’intelligence artificielle pour repérer un téléphone tenu en main. Les résultats de ces tests ont convaincu les décideurs, qui voient dans ces outils une solution crédible et opérationnelle.
La Belgique s’inscrit ainsi dans une tendance européenne. Aux Pays-Bas, des systèmes similaires fonctionnent depuis plusieurs années, avec des amendes pouvant atteindre 430 euros. L’Allemagne et la France suivent également cette voie, en développant des radars capables d’identifier les comportements distraits à l’intérieur de l’habitacle.
Le calendrier précis de mise en œuvre dépend désormais des procédures administratives et de l’avis du Conseil d’État. Si tout se passe comme prévu, il faudra attendre environ deux ans avant une application concrète de ces mesures.
