Carburants 2026 : la vérité derrière la hausse des prix révélée
Au début de l’année 2026, les prix des carburants ont augmenté à la pompe, suscitant de nombreuses interrogations. Beaucoup d’automobilistes ont constaté que leur facture s’était envolée, et un débat s’est rapidement engagé sur les causes de cette hausse.
Le rôle du bonus écologique et des certificats d’économies d’énergie (CEE)
Une des explications fréquemment évoquées concerne le bonus écologique financé par les certificats d’économies d’énergie, ou CEE. Ces certificats, que les pétroliers présentent comme une « taxe » ou une contribution, visent à encourager la réduction de la consommation énergétique. Selon eux, cette contribution aurait fait grimper le prix du carburant de plusieurs centimes à la litre.
Pour le gouvernement, il ne s’agirait pas d’une taxe mais d’une contribution que les fournisseurs d’énergie peuvent absorber ou répercuter partiellement. Cependant, pour les automobilistes, ces coûts additionnels se traduisent par des centimes qui s’accumulent à chaque plein. La question se pose alors : cette hausse du bonus écologique est-elle la principale responsable de la montée des prix ou existe-t-il d’autres facteurs ?
Ce qui a changé début 2026 concernant les CEE
Depuis le début de l’année, tous les fournisseurs d’énergie—qu’il s’agisse de carburant, de gaz ou d’électricité—doivent consacrer une enveloppe plus importante aux CEE. Ces certificats financent des actions pour réduire la consommation d’énergie : rénovation de logements, équipements plus sobres, mais aussi bonus pour les véhicules plus propres. En somme, une partie de ce que vous payez à la pompe finance ces initiatives, même si cela n’est pas toujours explicitement indiqué sur la facture.
Les pétroliers soutiennent que cette augmentation a fait grimper le prix à la pompe d’environ 5 centimes depuis le début de l’année. Selon eux, la contribution CEE s’élève maintenant à 15,75 centimes par litre, contre 11,39 cents fin 2025. Ce chiffre est souvent cité pour expliquer que près de 10 % du prix d’un plein financerait désormais les CEE. Pourtant, en examinant les règles officielles, le vrai montant est bien inférieur.
Quelle est la véritable part du « bonus écolo » dans le prix du carburant ?
Le calcul officiel repose sur l’article R.221-4 du code de l’énergie, qui fixe l’obligation CEE pour les carburants. Pour 2026, cette obligation est de 8,718 MWhc pour 1 000 litres, soit 8,718 MWhc par mètre cube de carburant. Avec un prix estimé du CEE à 11 € par MWhc, cela donne environ 9,6 centimes par litre. Ce montant est bien inférieur aux 15,75 centimes avancés par les pétroliers.
Pourquoi cette différence ? Les pétroliers incluent dans leurs calculs des coûts annexes, notamment une marge de sécurité pour faire face à une éventuelle hausse future du prix des CEE. En clair, ils provisionnent un scénario pessimiste pour éviter d’avoir à augmenter brusquement leurs prix. Résultat : la somme de 15,75 centimes comprend non seulement le coût actuel des certificats, mais aussi un coussin financier destiné à couvrir d’éventuelles hausses futures.
Les prix à la pompe : ce que révèlent les relevés
Une analyse des prix effectuée entre le 29 décembre et le 29 janvier montre que la hausse n’est pas uniforme. Sur le terrain, les stations les plus discount, souvent liées à la grande distribution, ont connu une augmentation plus marquée. En revanche, les stations des grandes marques pétrolières, avec des prix déjà plus élevés, ont vu leurs prix augmenter de façon plus modérée. Ces dernières disposent d’une marge plus confortable pour absorber une partie de la hausse liée aux CEE.
Par ailleurs, le contexte du marché a également évolué. Entre fin 2025 et aujourd’hui, le prix du brut a augmenté d’environ 5 €, passant d’environ 54 € à près de 59 € le baril. Le prix du gazole a aussi bondi de plus de 15 % à Rotterdam. Ces mouvements de marché se sont ajoutés à la hausse de la contribution CEE. Cependant, l’écart moyen de 15 centimes par litre entre les stations les moins chères et les plus chères reste stable. Cela indique que, si le bonus écologique a effectivement contribué à l’augmentation des prix, il se superpose à d’autres facteurs comme le marché pétrolier et la politique des marges.
