Renault veut importer des voitures indiennes en Europe un tournant majeur
Renault envisage d’importer des voitures indiennes en Europe
La marque Renault pourrait bientôt importer des véhicules fabriqués en Inde pour les vendre en Europe. Cette possibilité reflète une stratégie de développement pour le constructeur français dans un contexte économique en mutation.
Reprise de la production en Inde
Après plusieurs années d’échec commercial avec sa petite voiture Kwid, Renault mise désormais sur le lancement du nouveau Duster en Inde. La production à Chennai va être intensifiée pour répondre à une demande locale croissante. L’objectif de Renault est de multiplier par cinq ses ventes dans le pays d’ici 2030. La société s’adapte à une classe moyenne indienne qui souhaite des véhicules plus grands, mieux équipés et plus modernes. Par ailleurs, un accord de libre-échange avec l’Europe pourrait permettre à l’Inde de devenir une plateforme d’exportation majeure vers le Vieux Continent.
Une évolution du marché indien
Le parcours de Renault en Inde a été mouvementé. La Kwid, lancée il y a dix ans, avait connu un début prometteur, mais ses marges étaient faibles. Le directeur général de Renault India a reconnu que le modèle ne rapportait presque rien. La stratégie low-cost, qui a bien fonctionné par le passé, semble aujourd’hui dépassée. Le marché indien change profondément : la classe moyenne s’enrichit et recherche des véhicules plus sophistiqués. C’est pourquoi Renault met en production le Duster III, un SUV familial hybride et connecté, à Chennai. La marque vise désormais 200 000 ventes dans le pays d’ici 2030, contre seulement 38 000 l’an dernier. Le lancement prévu en avril sera un test clé pour cette nouvelle orientation.
L’Inde, un enjeu pour l’industrie européenne
Ce renouveau en Inde cache une ambition plus large pour Renault. La marque souhaite transformer cette usine en une base industrielle pour l’Europe. La filiale de Chennai, détenue entièrement par Renault après le rachat des parts de Nissan, dispose d’un centre d’ingénierie et d’un grand studio de design. Avec 10 000 employés locaux et 90 % de fournisseurs indiens, l’usine est prête à produire en masse.
Le véritable levier de cette stratégie est l’accord de libre-échange signé fin janvier entre l’Union européenne et l’Inde. Bien que l’accord doive encore être ratifié, il prévoit une réduction significative des droits de douane, passant de 70-110 % à environ 10 %. Cela pourrait faciliter l’importation en Europe de composants ou de véhicules entiers fabriqués en Inde, à moindre coût.
Ce changement pourrait poser problème pour les usines européennes. Après la Chine, l’Inde se positionne comme un nouveau centre de production automobile mondiale. Pour des marques comme Dacia, qui privilégient la réduction des coûts, importer des modèles fabriqués en Inde devient une option très attractive. Cela permettrait de limiter l’impact de la hausse des coûts en Europe de l’Est ou au Maghreb, tout en proposant des véhicules à prix compétitifs.
