Carburants en hausse : crise au Moyen-Orient ou profit de l’État ?

Carburants en hausse : crise au Moyen-Orient ou profit de l’État ?

Depuis peu, les automobilistes constatent une augmentation rapide des prix à la pompe. La guerre au Moyen-Orient et la hausse du prix du baril de pétrole, qui atteint près de 80 dollars (environ 75 euros), sont à l’origine de cette remontée des prix du carburant en France.

Face à cette situation, l’opposition critique l’État, l’accusant de profiter de la crise, tandis que le gouvernement affirme qu’il ne tire pas profit de cette flambée. La polémique porte notamment sur la hausse des taxes, avec des appels à leur réduction, des menaces de plafonnement des prix, et des réunions de crise à Bercy. La discussion politique autour du sujet s’intensifie.

Une hausse des prix du carburant sous surveillance

Le ministère de l’Économie a constaté que les prix ont augmenté « de quelques centimes » par litre, mais cette hausse s’est rapidement accentuée. En une semaine, le ministre Roland Lescure a indiqué une hausse de 5 à 15 centimes sur le SP95, et de 15 à 20 centimes sur le gazole. Selon Bercy, le prix moyen du litre de SP95/E10 s’élevait jeudi matin à 1,78 euro, approchant le seuil des 2 euros, dépassé en 2022 pour plusieurs carburants.

Selon l’Union française des industries pétrolières, un litre de carburant se compose d’environ 30 % de coût du brut, de 50 à 55 % de taxes (TVA et accises, notamment la TICPE), et de 15 à 20 % de coûts liés à la distribution. Dominique Schelcher, président de Coopérative U, estime que « plus de 51 % du prix payé à la pompe va directement à l’État », ce qui, selon lui, fait de l’État le « grand gagnant » de cette hausse. Le ministère de l’Économie réfute en affirmant que la majorité des recettes fiscales liées au carburant, notamment l’accise, ne dépend pas du prix du carburant lui-même.

Les propositions des partis politiques et des professionnels

Face à la hausse des prix, le Rassemblement national propose de réduire la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz. Jordan Bardella réclame également une baisse de la TVA et de l’accise, en cas de flambée, pour protéger le pouvoir d’achat des conducteurs.

  • Le RN souhaite une baisse immédiate et importante des taxes.
  • La France Insoumise demande un blocage administratif des prix.
  • Plusieurs organisations professionnelles réclament des mécanismes pour plafonner les taxes.

De leur côté, certains responsables politiques, comme Éric Coquerel, président de la commission des Finances, suggèrent que le gouvernement envisage un blocage des prix de l’essence. Il ajoute que si la situation perdure, des ajustements sur les taxes pourraient être nécessaires. Des fédérations du BTP s’inquiètent aussi de la hausse du coût du carburant professionnel et proposent une TICPE flottante, qui diminuerait lorsque le prix du pétrole brut augmente.

La position du gouvernement et les actions en cours

Le gouvernement reste ferme sur sa position. La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, estime qu’il est « inconcevable » de réduire la TICPE ou la TVA, car cela entraînerait un trou d’environ 20 milliards d’euros dans le budget de l’État. Roland Lescure et ses proches critiquent également ceux qui, selon eux, profitent de la crise, notamment le Rassemblement national.

Jeudi matin, le ministère a rencontré les distributeurs pour s’assurer qu’ils ne répercutent pas excessivement la hausse du prix du baril. Lors de cette réunion, Roland Lescure a appelé à la solidarité entre tous les acteurs : gouvernement, distributeurs, énergéticiens. Il a aussi demandé aux participants de surveiller leurs pratiques et a menacé de publier le nom de ceux qui exagéreraient la hausse.

Selon l’Union française des industries pétrolières, cette réunion a permis de rappeler que tous sont mobilisés face à la situation. Cependant, la tendance à la hausse continue de se faire sentir, avec une augmentation des prix à la pompe dès qu’une tension géopolitique se manifeste, même par quelques centimes.

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