Incroyable mais vrai : un homme pris au volant juste sorti de fourrière
Le 1er avril 2026, à Ploërmel, un homme dans la trentaine a été surpris au volant de sa voiture, alors même qu’elle venait juste d’être sortie de la fourrière. Une scène pour le moins insolite qui soulève des questions sur la légalité dans ce genre de situation.
Les faits se sont déroulés en pleine journée, dans le Morbihan. Lors d’un contrôle de routine, les gendarmes ont reconnu le véhicule, qui leur avait déjà été signalé lors d’un précédent contrôle. En vérifiant le conducteur, ils ont découvert qu’il était déjà privé de permis depuis plusieurs mois, suite à une série d’infractions routières. Pourtant, il était de nouveau au volant, cette fois en état d’alcoolémie.
Une récupération de véhicule réglementaire… ou pas
Selon la gendarmerie, le véhicule avait été placé en fourrière à la fin de l’année précédente. Quelques semaines plus tard, par hasard, les militaires l’ont croisé à nouveau, cette fois en revenant de la fourrière, où il venait de le récupérer. La loi autorise en effet la personne qui récupère son véhicule à venir le chercher accompagnée d’un conducteur titulaire du permis valide. C’est ce qu’avait fait le trentenaire au départ.
Mais lors de son retour, il a décidé de prendre le volant lui-même, malgré l’interdiction de conduire. La police a alors procédé à un nouveau contrôle, et le conducteur a été contraint de descendre du véhicule pour finir le trajet en tant que passager. La gendarmerie indique qu’il recevra prochainement une convocation pour répondre de cette nouvelle infraction.
Ce que dit la loi sur la conduite après la fourrière
Ce cas soulève une question essentielle : que peut-on faire lorsqu’on n’a plus le droit de conduire mais que le véhicule est en fourrière ? En pratique, pour récupérer une voiture, il faut présenter la carte grise, un permis valide et une attestation d’assurance en cours. Ces documents peuvent être fournis par le propriétaire ou par un tiers avec une procuration.
Il n’est pas obligatoire que la personne qui récupère la voiture soit elle-même titulaire du permis. Elle peut venir accompagnée d’un conducteur autorisé, qui doit prendre le volant du début à la fin. Si le propriétaire reprend le volant, même pour quelques kilomètres, il commet une nouvelle infraction.
Sur le plan pénal, conduire sans permis constitue un délit. La loi prévoit jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 15 000 euros, avec immobilisation immédiate du véhicule, mise en fourrière et possible confiscation si le conducteur en est propriétaire. En cas de conduite malgré une suspension ou une invalidation du permis, les peines peuvent atteindre deux ans de prison et plusieurs milliers d’euros d’amende, avec interdiction de solliciter un nouveau permis pendant plusieurs années.
- Si vous avez perdu votre permis, faites-vous accompagner par une personne en possession d’un permis valide.
- Préparez la carte grise, l’attestation d’assurance et, si nécessaire, une procuration pour un tiers.
- Laissez toujours cette personne conduire dès la sortie de la fourrière.
- Ne reprenez jamais le volant tant que votre droit de conduire n’est pas rétabli.
Les forces de l’ordre rappellent que ce type de situation n’est pas rare. En 2017, une estimation officielle évoquait au moins 600 000 conducteurs sans permis en France. À Ploërmel, cet incident du 1er avril montre que la conduite sans titre reste une réalité, avec des conséquences qui ne se limitent pas à la sortie de la fourrière.
