Routes blanches dans les Côtes-d’Armor : la solution étonnante contre la canicule
Des routes blanches dans les Côtes-d’Armor en période de canicule
Pendant la canicule, certains automobilistes dans les Côtes-d’Armor ont été surpris de voir des sections de route devenir blanches, notamment à Trégastel et Pluzunet. À distance, ces routes évoquent un chantier en cours ou une opération de peinture. Cependant, derrière cette apparence inhabituelle se cache une solution technique visant à protéger le revêtement routier.
Une mesure pour préserver le bitume face à la chaleur
Depuis quelques jours, les habitants et vacanciers s’interrogent sur ces routes blanches. Certains pensent qu’il s’agit de travaux ou craignent une perte d’adhérence. En réalité, cette coloration blanche est une réponse spécifique aux fortes températures. Elle permet de limiter la dégradation du bitume sous l’effet de la chaleur intense.
Les routes réparées en point à temps, plus vulnérables
À Trégastel, les zones concernées ont été récemment réparées. La commune avait déjà réalisé des travaux de remise en état un mois avant la vague de chaleur. Selon les services techniques, ces sections étaient particulièrement vulnérables, le goudron utilisé étant en train de fondre sous la chaleur.
Pour y remédier, ils ont épandu du lait de chaux sur ces secteurs fragilisés. Ce mélange, à base d’eau et de chaux, forme un film blanc qui réfléchit une partie du soleil. Grâce à cette opération, la température en surface peut diminuer d’environ 10 °C. Ces traitements sont appliqués en prévention pour protéger le revêtement durant l’épisode de forte chaleur. La circulation sur ces routes reste possible normalement.
Les avantages du traitement blanc pour les routes
Lorsque la chaussée noire atteint des températures supérieures à 50 °C, le bitume ramollit, devient brillant et peut devenir glissant. Ce phénomène, appelé ressuyage, est accru sur les enrobés récents ou très chargés en goudron. En appliquant le lait de chaux, on augmente l’albédo, c’est-à-dire la capacité à réfléchir la lumière, ce qui limite l’impact de la chaleur. Des études montrent une baisse de 10 à 15 °C en surface après traitement, un effet qui peut durer de quelques jours à deux semaines selon la circulation et la météo.
Pour les conducteurs, cette technique présente l’avantage de ne pas réduire l’adhérence, contrairement à d’autres méthodes telles que le gravillonnage. Une fois le traitement effectué, les routes restent praticables, à condition de respecter la signalisation et les distances de sécurité. Les motards et cyclistes doivent toutefois rester vigilants, notamment dans les zones fraîchement traitées ou humides. Un inconvénient mineur : des traces blanches peuvent apparaître sur la carrosserie, mais elles s’effacent généralement avec un lavage à l’eau froide et au vinaigre blanc.
