Baisse des victimes mais plus de morts : la non-assurance auto inquiète en France
Une situation préoccupante malgré une légère baisse des victimes
Le Fonds de garantie des victimes dresse un bilan mitigé concernant la non-assurance automobile. En 2025, moins de personnes ont été victimes d’accidents impliquant des conducteurs non assurés, avec une baisse de 7,3 %. Cependant, le nombre de morts a augmenté, atteignant 177 décès. Selon Julien Rencki, le directeur général du fonds, la non-assurance persiste en France et prend de nouvelles formes.
Ce fonds, créé en 1951 et financé en partie par les assurés, indemnise les victimes d’accidents causés par des conducteurs non assurés ou non identifiés. En 2025, le montant des indemnisations s’est élevé à 132 millions d’euros, une somme qui finit par impacter tous les assurés.
Un phénomène qui reste difficile à éradiquer
Malgré les efforts, la non-assurance reste un enjeu majeur de sécurité routière. Elle concerne notamment des jeunes conducteurs précaires, des ruraux sans alternative à la voiture, et de plus en plus souvent des utilisateurs de trottinettes électriques en roue libre. La situation est d’autant plus préoccupante que, même si le nombre de victimes diminue légèrement, le nombre de décès augmente.
Les chiffres montrent que 7 100 personnes ont été blessées ou tuées en 2025 à cause de conducteurs non assurés. Si la tendance générale semble à la baisse, le nombre de morts, lui, continue d’augmenter. Le fonds insiste sur le fait que ce phénomène « perdure » et évolue.
Les causes de la non-assurance
La non-assurance est souvent liée à des contraintes financières plus qu’à une mauvaise foi. Selon le FGAO (Fonds de Garantie des Assurances et de l’Organisation), environ 40 % des conducteurs non assurés sont étudiants ou sans ressources. Le coût de l’assurance peut atteindre 1 000 euros par an pour un jeune conducteur, en plus du permis et de l’achat du véhicule. Pour ces personnes, il devient difficile de faire face à toutes ces dépenses, et l’assurance est souvent la première dépense sacrifiée.
En milieu rural, cette problématique prend une dimension particulière. La voiture est souvent indispensable pour accéder à l’emploi. Julien Rencki appelle à une réflexion collective pour mieux encadrer la surprime pour les jeunes conducteurs ou développer des formations post-permis. Ces mesures pourraient, en théorie, réduire la sinistralité et faire baisser les coûts.
Renforcement des contrôles et nouvelles mesures
Des efforts sont aussi faits pour mieux détecter les conducteurs non assurés. Lorsqu’un véhicule dépasse la limite de vitesse de 50 km/h, les forces de l’ordre vérifient systématiquement si le véhicule est assuré en interrogeant le fichier dédié. Le directeur du fonds estime que cette mesure est utile, mais il souhaite l’étendre à tout excès de vitesse, même inférieur à 50 km/h. Actuellement, certains contrevenants échappent encore à la vérification.
Un autre point alarmant concerne les trottinettes électriques. L’an dernier, 818 victimes ont été blessées par des trottinettes non assurées, en hausse de près de 8 % par rapport à l’année précédente. Depuis 2018, environ 4 200 victimes ont été enregistrées dans ce type d’accident. L’importance de l’assurance responsabilité civile pour ces engins est pourtant obligatoire, mais environ la moitié des utilisateurs roulent sans couverture, ce qui aggrave le problème.
