Vidéoverbalisation : la surveillance routière envahit la France
La vidéoverbalisation se développe rapidement en France, notamment dans les grandes villes et les zones périurbaines. Elle consiste à utiliser des caméras pour surveiller et sanctionner les infractions routières.
Selon une étude publiée le 8 octobre par la société Coyote, spécialisée dans l’aide à la conduite, plus de 530 zones de vidéoverbalisation ont été recensées dans 519 villes françaises. Bien que cela représente un nombre relativement faible par rapport au total des communes (34 875), le phénomène est plus important si l’on considère les villes moyennes et grandes villes en nombre.
Ces zones concernent aussi bien les grandes métropoles comme Bordeaux, Marseille ou Lyon que des villes de taille moyenne telles que Rouen, Villeneuve-d’Ascq, Sélestat ou Châteaudun. La tendance montre une expansion notable dans tout le territoire.
Une région particulièrement surveillée : l’Île-de-France
La région Île-de-France concentre près d’un tiers des villes équipées, avec 27 communes concernées en Île-de-France, notamment dans la Seine-Saint-Denis, avec 28 communes, les Bouches-du-Rhône (27) et le Nord (25). La densité plus élevée en Île-de-France expliquerait en partie cette concentration, mais d’autres régions ne sont pas en reste.
Les zones de vidéoverbalisation doivent normalement être signalées par des panneaux ou des affiches, rappelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Cependant, ces dispositifs peuvent être difficiles à repérer pour les conducteurs, d’autant plus que la surveillance est parfois omniprésente, comme le montre la carte des caméras installées dans Paris.
Les infractions surveillées et la charge mentale des conducteurs
Les caméras peuvent relever une trentaine d’infractions inscrites dans le Code de la route, telles que le non-port de la ceinture, l’utilisation du téléphone au volant, le dépassement dans les voies réservées ou le non-respect des feux rouges. Stéphane Curtelin, de Coyote, souligne que cette surveillance permanente représente une charge mentale pour les automobilistes, rendant difficile l’évitement des erreurs ou des oublis.
Une hausse des procès-verbaux électroniques
Bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels précis, la tendance montre une augmentation du nombre de PV électroniques. Entre 2024 et 2025, leur nombre a progressé de 2,3 %, atteignant 12,9 millions. Ces amendes sont délivrées à distance par des agents humains qui analysent les images des caméras, plutôt que par des machines.
Pour répondre à ces enjeux, Coyote annonce le lancement d’une nouvelle fonctionnalité. L’application et ses dispositifs signalent désormais non seulement les zones de radars, mais aussi celles où la vidéoverbalisation est en place. Selon Stéphane Curtelin, cela permet aux conducteurs de mieux anticiper ces contrôles et de respecter plus facilement le code de la route.
