Vente des Voitures radar d’occasion: est ce vraiment interessant?
En France, l’État revend sur les enchères du Domaine ses anciennes voitures radar, ces compactes banalisées qui ont roulé plus de 300 000 km. Entre prix cassés et risques mécaniques, acheter une voiture radar d’occasion peut réserver quelques surprises.
Voiture radar d’occasion : que vend vraiment l’État ?
Pour comprendre, rappelons ce qu’est une voiture radar. Depuis 2013, la France déploie des radars mobiles de nouvelle génération, dits Gatso Millia, embarqués dans des véhicules ordinaires qui circulent au milieu du trafic. Un opérateur au volant, un radar qui mesure la vitesse des véhicules croisés ou dépassés : c’est ce système qui s’est répandu sur la quasi-totalité du territoire.
Une partie de ces voitures est aujourd’hui confiée à des sociétés privées, qui les font rouler des heures par jour. Résultat : ces engins parcourent environ 250 km quotidiennes et dépassent très vite les 300 000 km en quelques années. Lorsqu’elles sont trop usées ou trop coûteuses à entretenir, l’administration les réforme. Après dépose de tout leur matériel de contrôle, elles rejoignent les ventes de véhicules domaniaux, aux côtés des anciennes voitures de police ou de gendarmerie.
Enchères, prix, modèles : à quoi ressemble une ex-voiture radar ?
Les chiffres parlent. Depuis le début de l’année, 77 anciennes voitures radar ont été proposées sur le site des ventes de l’État. Les véhicules qui ont le plus roulé appartiennent à la catégorie privatisée et affichent en moyenne 330 000 km. Une Peugeot 308 a même été mise en vente avec 352 254 km, tandis qu’une Citroën Berlingo avait autour de 394 831 km lors d’une vente précédente.
Dans le détail, les enchères récentes ont surtout porté sur des Seat Leon (22 exemplaires) et des Peugeot 308 (17). On trouvait aussi des Volkswagen Passat (6), des Golf (3), ainsi que des Ford Focus et Renault Mégane break utilisées pour transporter les anciens radars mobiles. Parfois, une surprise : une Dacia Sandero Stepway de 2015 avec seulement 16 294 km, vendue accidentée et sans clé ni certificat d’immatriculation. Ou encore une Renault Mégane immatriculée CT-755-YP, adjugée en septembre, l’une des premières générations de radars mobiles arrivés sur les routes en 2013.
Acheter une voiture radar d’occasion : bonne idée ou fausse bonne affaire ?
Côté coût, l’État a déjà encaissé 186 700 € cette année grâce à ces ventes, soit une moyenne de 3 164 € par véhicule. Le véhicule le plus cher est une Seat Leon FR vendue 7 300 € avec 323 491 km au compteur. À l’opposé, une Peugeot 508 affichant 330 000 km n’a rapporté que 570 €, en raison de nombreux travaux mécaniques à prévoir. Certaines voitures présentent des soucis comme des dommages ou des défauts sur le filtre à particules, la courroie ou des voyants moteurs allumés; cela est clairement noté dans les fiches de vente.
Pour tenter votre chance, il faut passer par le site des enchères du Domaine. Mais ces enchères sont réservées aux professionnels : un particulier doit forcément passer par un garagiste ou un concessionnaire qui enchérira pour lui. À cela s’ajoutent 11 % de frais. Entre mise à prix parfois attractive, kilométrage élevé et coûts de remise en état, une voiture radar d’occasion peut être une bonne affaire ciblée… ou devenir un budget bien plus lourd, selon l’usage prévu et l’évaluation faite avant d’acheter.
