Rétromobile fête ses 50 ans et fait vibrer les passionnés de voitures anciennes
Une 50e édition pour célébrer la passion des voitures de collection
Le salon Rétromobile, qui se déroule pour sa cinquantième édition à la Porte de Versailles, attire près de 150 000 visiteurs. L’événement, qui se tient du mercredi 28 janvier au dimanche 1er février, met à l’honneur des véhicules de collection, suscitant la nostalgie chez les passionnés.
Ce rassemblement célèbre un demi-siècle d’amour pour les voitures anciennes. De nombreux modèles emblématiques sont exposés, permettant aux visiteurs de revivre des souvenirs ou de découvrir des véhicules mythiques.
Les modèles phares et l’engouement pour les « youngtimers »
Selon Romain Grabowski, le directeur de Rétromobile, les collectionneurs aiment retrouver les voitures dont ils rêvaient plus jeunes. Par exemple, les quincagénaires d’aujourd’hui ont été impressionnés par la Golf GTI, lancée en 1976, et peuvent désormais se l’offrir.
Depuis quelques années, l’intérêt s’est tourné vers des modèles plus récents, appelés « youngtimers ». Initialement, ce terme désignait des voitures de moins de 30 ans, mais il englobe aujourd’hui tous les véhicules fabriqués après 1975. Ces voitures, souvent populaires, sont facilement accessibles financièrement car elles ont été produites en millions d’exemplaires.
Les versions sportives, notamment les GTI, rencontrent un succès particulier. La Golf GTI, par exemple, pouvait atteindre 182 km/h, ce qui explique leur cote d’amour grandissante.
Une communauté de passionnés en pleine expansion
En France, la passion pour les véhicules anciens concerne plus de 500 000 collectionneurs, regroupés dans plus de 1 000 clubs. Ces passionnés possèdent en tout un million de véhicules, qu’il s’agisse de voitures, motos, tracteurs ou avions.
Chaque année, des événements comme la « traversée de Paris » rassemblent plusieurs centaines de véhicules anciens, dont un tiers de youngtimers. Ces rassemblements témoignent de l’engouement croissant pour ces véhicules.
Le retour des modèles emblématiques et leur évolution vers l’électrique
Traditionnellement, les collectionneurs s’intéressaient surtout aux voitures de leurs parents ou grands-parents. Mais depuis les années 90, l’électronique a complexifié la réparation de ces véhicules, créant une barrière pour les bricoleurs.
Les jeunes d’aujourd’hui privilégient plutôt les modèles des années 70 et 80, comme la 2CV, la 4L, l’Austin Mini ou la Fiat 500, qui ont été produites en masse. Certaines sociétés proposent même de refaire des pièces pour ces voitures, permettant de les faire rouler indéfiniment si elles sont bien entretenues.
Les constructeurs ont aussi compris l’intérêt de cette tendance. Renault, par exemple, a choisi de ressusciter ses modèles emblématiques en version électrique. La marque a lancé, il y a cinq ans, la réédition de la Renault 5, qui est devenue le modèle électrique le plus vendu en France. La Twingo électrique et la R4, référence à la célèbre 4L, suivent cette même logique.
Une hausse des prix et des défis pour les collectionneurs
Les prix des youngtimers ont considérablement augmenté ces dix dernières années. Selon Vincent Côme, ancien mécanicien de l’émission Vintage Mecanic, il est désormais difficile de trouver une voiture en bon état à un prix abordable. Par exemple, une 205 qu’on pouvait acquérir pour 1 500 euros vaut aujourd’hui entre 6 000 et 7 000 euros.
La rouille reste le principal problème des véhicules anciens, notamment ceux fabriqués avant 1990. La réparation de la carrosserie peut être coûteuse, et les pièces détachées se font de plus en plus rares en France. Certains passionnés achètent des moules à l’étranger ou se procurent des pièces pour refaire la tôlerie de leurs voitures.
Malgré ces difficultés, ces modèles circulent encore beaucoup, notamment dans les campagnes. Ils peuvent continuer à rouler sous réserve de respecter les normes de l’époque de leur fabrication, même s’ils polluent davantage que les véhicules modernes.
