Véhicules non assurés : le nouveau radar qui ne laisse plus passer
Un nouveau dispositif pour vérifier l’assurance des véhicules flashés en excès de vitesse
En France, il ne suffit plus de présenter son permis de conduire pour échapper aux contrôles. La sécurité routière met en place un nouvel outil : les radars automatiques seront désormais utilisés pour détecter les véhicules non assurés, notamment en cas d’excès de vitesse important.
Ce nouveau système repose sur un principe simple. Lorsqu’un véhicule est flashé par un radar automatique avec un dépassement de la limite de vitesse supérieur à 50 km/h, ses données sont automatiquement croisées avec le fichier national des véhicules assurés. Si le nom du propriétaire ne figure pas dans cette base, cela constitue une double infraction.
Ce dispositif, annoncé lundi par la délégation à la sécurité routière, cible particulièrement les excès de vitesse graves. Il permet d’ajouter une vérification d’assurance à la sanction pour vitesse excessive. En combinant ces deux signaux, les autorités espèrent mieux lutter contre les conducteurs dangereux.
Des chiffres alarmants sur l’insécurité routière
Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), environ 515 000 conducteurs circulent sans assurance en France. En 2024, 216 personnes ont perdu la vie dans des accidents impliquant un véhicule non assuré, soit 7 % de la mortalité routière totale. Parmi ces victimes, 156 étaient elles-mêmes dans le véhicule non assuré.
Les conducteurs sans assurance présentent un risque accru. Une étude de l’ONISR de 2022 indique qu’un automobiliste non assuré a quatre fois plus de risques d’être responsable d’un accident mortel que la moyenne. Ce risque est également multiplié par 2,5 pour les conducteurs de deux-roues. De plus, la jeunesse est fortement représentée : un tiers des morts sur la route concerne des personnes de moins de 35 ans, mais deux tiers des conducteurs non assurés impliqués dans des accidents mortels ont moins de 35 ans.
Une mesure importante, mais pas une solution unique
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, a souligné que « la conduite sans assurance est une infraction grave, qui met directement en danger la vie d’autrui ». Elle a également précisé que le renforcement des contrôles automatisés constitue une priorité absolue.
Cependant, cibler uniquement les grands excès de vitesse ne suffit pas à réduire le nombre de conducteurs non assurés. En effet, ces derniers ne roulent pas toujours à des vitesse extrêmes, ou peuvent être plus prudents. Le vrai problème concerne un stock important de 515 000 conducteurs non assurés, qui ne sera pas résorbé par ces seuls radars.
Pour lutter efficacement, il faudra élargir le contrôle à d’autres situations. Il est également nécessaire de s’attaquer aux causes profondes : coût des primes d’assurance, précarité, méconnaissance de la loi, etc.
