250 000 véhicules frauduleux en France : comment détecter un garage fantôme
En France, près de 250 000 véhicules sont frauduleusement immatriculés chaque année par des garages fictifs, souvent appelés « garages fantômes ». Ces arnaques causent des pertes financières importantes pour de nombreux automobilistes, qui croyaient faire de bonnes affaires. Voici comment repérer ces fraudes et se protéger.
Qu’est-ce qu’un garage fantôme ?
Un garage fantôme est généralement une simple boîte aux lettres ou une société inexistante. Selon la Direction Nationale de la Police Judiciaire (DNPJ), une grande partie des véhicules immatriculés frauduleusement le sont au nom de ces structures bidon. La dématérialisation du système d’immatriculation des véhicules (SIV), mise en place en 2017, a facilité ces pratiques. Sur environ 34 000 habilitations professionnelles, 10 à 20 % seraient utilisées à des fins frauduleuses. Les escrocs profitent de cette faille pour masquer des véhicules volés ou supprimer des contraventions.
Les méthodes des arnaqueurs
Certains faux garages montent de véritables entreprises avec locaux loués, numéros de SIRET, site internet soigné et annonces attractives proposant des prix 20 à 30 % en dessous du marché. Les victimes versent un acompte ou le paiement intégral, puis ne reçoivent jamais leur véhicule. Ces « garages » disparaissent rapidement. En Île-de-France, 138 garages fantômes ont été répertoriés, avec des pertes atteignant plusieurs millions d’euros dans certaines régions. Parfois, des particuliers découvrent qu’un faux garage a été créé en leur nom, les rendant responsables de centaines de voitures et d’amendes élevées.
Comment reconnaître une arnaque ?
Pour éviter de tomber dans le piège, il est essentiel de rester vigilant. Un prix trop attractif (souvent 20 à 30 % inférieur au marché) doit alerter. Méfiez-vous également si le vendeur demande un paiement complet ou un acompte très important avant même de voir le véhicule ou de signer un contrat. L’absence d’avis en ligne ou des commentaires excessivement élogieux en peu de temps peuvent aussi être des signaux d’alerte. Enfin, méfiez-vous des garages qui proposent de gérer la carte grise sans habilitation claire ou vérifiable.
- Vérifiez le SIRET du garage sur un site officiel avant tout paiement.
- Contrôlez l’adresse physique via Google Maps ou Street View pour repérer d’éventuelles incohérences.
- Lisez attentivement les avis en tenant compte des dates et de la crédibilité des commentaires.
- Ne payez jamais la totalité avant d’avoir vu le véhicule et signé des documents complets.
Que faire en cas d’arnaque ?
Si vous êtes victime d’un garage fantôme, agissez rapidement. Contactez votre banque ou la plateforme de paiement pour tenter de bloquer la transaction. Déposez une plainte et signalez les faits à la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Conservez tous les éléments de preuve : messages, mails, bons de commande, captures d’écran et coordonnées du faux garage. Ces documents seront utiles pour l’enquête et pour engager votre protection juridique si vous en avez une.
Les acteurs de l’assurance, comme Leocare, appellent à renforcer le SIV. Ils proposent notamment une détection algorithmique plus efficace, des critères d’habilitation stricts, une liste noire centralisée et un système de signalement en temps réel. En attendant, la vigilance de chaque automobiliste reste la meilleure défense contre ces arnaques. Si une offre semble trop belle pour être vraie, il vaut mieux s’abstenir.
