Avec la vraie-fausse suppression des ZFE, faut-il encore avoir une vignette Crit’Air ?

Avec la vraie-fausse suppression des ZFE, faut-il encore avoir une vignette Crit’Air ?

automobile • Supprimées par l’Assemblée nationale puis par le Sénat, les Zones à faibles émissions (ZFE) ont été à moitié sauvées par la suppression de cette annulation. Mais qu’en est-il de la vignette Crit’Air collée à votre pare-brise, la garde-t-on ?

L’essentiel

  • Après un vote autorisant leur suppression en mai 2025 par les députés, les Zones à faibles émissions (ZFE) ont été maintenues par une décision du Conseil constitutionnel en mai 2026.
  • Lundi, deux nouveaux amendements déposés par deux députés demandant leur suppression ont été discutés en commission à l’Assemblée nationale, mais ont finalement été « retoqués ».
  • Cet imbroglio politique laisse dubitatif sur la nécessité ou non d’avoir sa vignette Crit’Air. Petit conseil, pour éviter une mauvaise surprise, il vaut mieux laisser l’autocollant à 3,81 euros sur son parebrise.

On les croyait « abandonnées » après le vote autorisant leur suppression à l’Assemblée nationale en mai 2025, mais non. Les Zones à faibles émissions (ZFE), pensées pour limiter la circulation de millions de voitures jugées trop polluantes afin d’améliorer la qualité de l’air dans les grandes villes, n’ont pas fini de revenir sur la feuille de route des parlementaires.

Tout d’abord avec la censure un an plus tard de cette suppression fin mai 2026 par le Conseil constitutionnel qui a donné tort aux députés. Mais aujourd’hui encore alors que deux députés – Sylvie Bonnet (LR) et Pierre Meurin (RN) – ont décidé de remonter sur le ring avec deux amendements pour redemander la suppression des ZFE. Ces derniers étaient d’ailleurs discutés lundi en commission à l’Assemblée par la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. Et ont été retoqués.

Maintien de la ZFE égale aides pour changer de véhicules

A regret pour Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs dont la pétition de soutien aux deux amendements des députés comptait 125.000 signataires. « C’est pourtant une demande forte des usagers de la route, 60 % d’entre eux, selon un sondage Ifop de mai 2025, veulent cette suppression, tout comme de nombreux députés de tout bord politique. » Et de marteler : « Il y a d’autres mesures plus efficaces à prendre, la ZFE n’est pas la solution, c’est une politique punitive et discriminatoire, qui pénalise des millions de conducteurs, notamment les plus modestes ».

A l’inverse, une ville comme Strasbourg, pionnière en la matière, voit en ce maintien un intérêt tout autre et « prône une écologie pragmatique ». La nouvelle gouvernance de l’Eurométropole dirigée par le PS explique en effet « réfléchir en ce moment même avec l’ensemble des maires sur certains paramètres d’interdiction, d’application, de calendrier, d’envisager de relancer la concertation sur la ZFE, d’un nouveau plan global de transport »… « Notre doctrine est celle de dire : pas de contraintes supplémentaires sans solution pour nos concitoyens », assure Thibaud Philipps, premier vice-président (LR) de la collectivité

L’Eurométropole voit surtout dans ce maintien des ZFE « un outil » pour continuer à aider ceux qui veulent changer de véhicule et aller vers des véhicules plus propres. Cela leur « permet de bénéficier des aides qui avaient été votées à l’époque par l’Eurométropole et qui sont toujours existantes », explique Thibaud Philipps. Le maire d’Illkirch détaille : « Si demain on enlève sèchement la ZFE, cela veut dire aussi que les aides vont tomber avec. Une personne qui veut changer son véhicule va se retrouver sur les dispositifs d’aides nationaux, qui sont très limités, et ne pourra pas bénéficier des primes supplémentaires qui sont octroyées par l’Eurométropole. »

Verbalisation aléatoire

Quant à la verbalisation, pas de panique. « De fait, la ZFE de l’Eurométropole existe toujours dans la forme qui a été votée par la gouvernance précédente [EELV]. Mais en réalité, il n’y a pas de contrôles qui sont en vigueur puisque l’Etat, qui était censé déployer les systèmes de contrôles automatisés, ne les a de toute façon pas mis en place. Et l’on ne va pas surcharger les policiers municipaux à verbaliser les défauts de vignettes Crit’Air, ils ont bien mieux à faire. Donc, d’une certaine manière, officiellement, les choses sont interdites, mais dans la réalité, je ne pense pas que grand monde se fasse contrôler sur le sujet. »

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Source : 20 Minutes

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