Changan prépare son invasion en Europe avec 180 000 voitures dès 2028

Changan prépare son invasion en Europe avec 180 000 voitures dès 2028

Une préparation en cours pour le « Made in Europe »

Bruxelles n’a pas encore fixé précisément le contenu local que devront respecter les constructeurs étrangers pour vendre en Europe. Cependant, plusieurs marques chinoises ont déjà commencé à négocier avec des fournisseurs et à préparer leurs usines sur le continent. Lors du Mondial de Paris 2026, Changan a présenté sa gamme NEVO et a détaillé ses projets pour l’Europe. La société vise la production de 180 000 voitures par an dès 2028, puis 350 000 en 2030. Son premier site de production devrait démarrer début 2027, avant l’application du futur plan « Made in Europe ».

Ce dispositif, lié à la loi d’accélération industrielle, pourrait obliger les marques étrangères à investir et produire en Europe. La réglementation exacte n’est pas encore finalisée. Par ailleurs, Geely, propriétaire de Zeekr, était également présent sur le salon avec sa marque.

Exporter, une nécessité pour les constructeurs chinois

Les constructeurs chinois doivent désormais se tourner vers l’export pour assurer leur croissance. En effet, le marché intérieur connaît une forte baisse : les immatriculations mensuelles sont passées d’environ 2,5 millions à moins d’1,5 million. Pour continuer à prospérer, vendre à l’étranger est devenu vital, même à perte ou avec peu de marges. Les gouvernements locaux insistent aussi pour préserver l’emploi dans leurs régions. Cela explique pourquoi l’instauration de droits de douane européens sur les véhicules électriques chinois, à la fin 2024, n’a pas freiné leurs ambitions.

François Roudier, secrétaire général de l’Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles (OICA), souligne que sans le marché européen, ces constructeurs seraient en grande difficulté : « aucun autre marché ne leur offre à la fois autant de volume et de marges ». Cependant, il précise que cette analyse provient aussi d’une organisation représentant également les constructeurs européens, ce qui peut influencer son point de vue.

Une stratégie proactive face à la réglementation

Les marques chinoises ne se contentent pas de contourner les barrières commerciales. Elles anticipent déjà la réglementation en installant des bureaux de design et d’ingénierie en Europe. Par exemple, Geely possède un bureau de design à Milan. Elles signent aussi des contrats avec des équipementiers locaux et investissent dans leur industrie européenne. Le quota informel de 350 000 hybrides exportés de Chine vers l’Europe n’a pas changé cette tendance.

Ce contexte pourrait avoir un effet paradoxal. En imposant un seuil élevé de contenu local, l’Europe pourrait encourager ces constructeurs à accélérer leurs investissements en Europe plutôt que de les freiner. La différence réside dans la nature des investissements : une usine d’assemblage a un impact moindre en termes d’emplois et de savoir-faire comparé à un centre de recherche ou une chaîne complète de production de composants. La future réglementation dépendra de ses détails, qui restent encore à définir.

Une compétition qui se prépare rapidement

Du côté européen, le calendrier est également serré. Le projet M1E, qui prévoit la commercialisation d’une petite voiture électrique abordable, pourrait voir sa version de série, évoquée comme une héritière de la Citroën 2CV, arriver dès 2028. Or, cela coïnciderait avec l’installation des premiers concurrents chinois sur le marché européen.

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