Permis de conduire : la fin du financement CPF en 2026, polémique assurée
Fin du financement du permis de conduire par le CPF en 2026
À partir de 2026, il ne sera plus possible pour la majorité des actifs de financer leur permis de conduire via leur compte personnel de formation (CPF). Seuls les demandeurs d’emploi bénéficieront encore de cette possibilité. Cette nouvelle règle suscite déjà des débats et des polémiques.
Par ailleurs, l’aide de 500 euros destinée aux apprentis sera également supprimée. Ces mesures interviennent dans un contexte où la voiture reste essentielle pour de nombreux Français, notamment dans les zones rurales ou peu desservies par les transports en commun.
Le permis de conduire, une formation très prisée
Depuis 2019, le permis B est devenu la formation la plus financée par le CPF. En 2023, 23 % des formations financées par le dispositif concernaient l’obtention du permis, loin devant les autres dispositifs de formation. La raison ? Le coût du permis, qui oscille en moyenne entre 1 500 et 2 000 euros. Pour près d’un quart des 1,5 million de candidats chaque année, le CPF représentait une véritable bouée de sauvetage.
Une décision justifiée par certains élus
Le sénateur Xavier Iacovelli, membre du groupe Renaissance, a soutenu un amendement voté en décembre par le Sénat. Selon lui, il serait plus pertinent d’orienter les 300 millions d’euros annuels consacrés au financement du permis vers d’autres dispositifs, comme les bilans de compétences, considérés comme essentiels pour favoriser la reconversion professionnelle. Il argue que le nombre de permis délivrés chaque année stagne autour d’un million, avec ou sans CPF. Il en déduit que cette dépense ne favorise pas réellement l’insertion professionnelle, mais se limite à un remplacement de financement individuel par un financement mutualisé.
Les enjeux sociaux et territoriaux
Cependant, cette décision soulève des critiques, notamment de la part des auto-écoles et d’associations comme 40 millions d’automobilistes. Elles dénoncent une « fracture sociale » qui pourrait s’accentuer. En effet, plus de 75 % des bénéficiaires du CPF pour le permis ont plus de 25 ans et sont déjà actifs. Il s’agit souvent de salariés issus de zones rurales ou en emploi précaire, qui cotisent au CPF mais risquent de se retrouver privés de cette aide.
Ce choix politique met en lumière une difficulté majeure : dans certains territoires, le permis n’est pas un luxe mais une nécessité. Il est indispensable pour accéder ou conserver un emploi en zone périurbaine ou rurale. Limiter le CPF aux demandeurs d’emploi pourrait donc pénaliser gravement ceux qui travaillent déjà, avec des revenus modestes, dans des zones mal desservies par les transports publics.
