Amendes au feu vert : la règle méconnue qui peut vous piéger
Vous attendez au feu rouge, le signal passe au vert, et vous redémarrez prudemment. Pourtant, il est possible de recevoir une amende même si vous avez respecté cette étape. En effet, selon le Code de la route, un conducteur ne doit pas s’engager dans une intersection si son véhicule risque de s’y immobiliser, ce qui pourrait bloquer le passage des autres véhicules. Cette règle, souvent méconnue, est pourtant essentielle pour assurer la sécurité et la fluidité de la circulation.
Une règle souvent oubliée mais fondamentale
Ce que dit l’article R415-2 du Code de la route
L’article R415-2 précise que « Tout conducteur ne doit s’engager dans une intersection que si son véhicule ne risque pas d’y être immobilisé et d’empêcher le passage des véhicules circulant sur les autres voies ». Autrement dit, un feu vert n’est pas une autorisation automatique. Il faut s’assurer que l’espace au-delà du carrefour est suffisant pour accueillir le véhicule. Cette règle s’applique même si on a la priorité, afin d’éviter les blocages qui peuvent causer des accidents ou paralyser la circulation.
Les sanctions possibles
Ce comportement constitue une infraction de quatrième catégorie, l’une des plus graves. L’amende forfaitaire s’élève à 135 €, mais peut être réduite à 90 € si elle est payée rapidement. Si l’affaire est portée devant une juridiction pénale, la sanction peut atteindre 750 €, indique le Journal du Net. La sévérité de la sanction montre l’importance de respecter cette règle, car un véhicule immobilisé dans un carrefour peut provoquer des collisions et gêner notamment les véhicules de secours.
Les raisons derrière cette interdiction
Au-delà de la sanction, cette règle a pour but de maintenir la fluidité du trafic en zones urbaines souvent congestionnées. Elle permet aussi d’assurer la sécurité des piétons en évitant que leur passage soit obstrué par des véhicules à l’arrêt. Enfin, elle garantit la liberté de circulation pour les véhicules prioritaires, comme les ambulances ou les pompiers, qui doivent pouvoir traverser rapidement les intersections.
Une problématique présente aussi à l’échelle internationale
La vidéo-verbalisation en France
Pour lutter contre les blocages dans les carrefours, la préfecture de police de Paris a mis en place la vidéo-verbalisation dès 2018. Après une phase d’expérimentation pédagogique, les caméras permettent désormais de sanctionner efficacement les infractions. Cela contribue à améliorer la fluidité du trafic urbain.
Les « yellow box junctions » au Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, une signalisation spécifique appelée « yellow box junctions » indique visuellement les zones à ne pas encombrer. Ces marquages en croix signalent qu’il ne faut pas s’engager si la sortie n’est pas libre. Les conducteurs sont encouragés à ne pas suivre aveuglément le véhicule devant eux ou à céder à la pression des autres automobilistes. Cette méthode vise à réduire les blocages dans les intersections de Londres.
Les limites de ces dispositifs
Malgré leur visuel clair, ces marquages jaunes ne sont pas toujours efficaces. Selon une étude du Royal Automobile Club (RAC), ils peuvent devenir des « pièges à PV » lorsqu’ils sont mal conçus. Parfois, ils entraînent des amendes injustifiées sans réellement résoudre les problèmes de congestion. L’étude souligne qu’il est crucial d’adapter ces outils aux spécificités locales pour qu’ils soient réellement efficaces, tout en maintenant un équilibre entre fluidité du trafic et équité dans la sanction.
