Un Vendeur auto gonfle ses primes et doit 400 000 euros à son ancien employeur
Un vendeur auto doit 400 000 euros à son ancien employeur
À Lannion, en Bretagne, un vendeur automobile est poursuivi pour avoir gonflé ses primes grâce à de faux contrats de leasing entre 2019 et 2023. La justice a finalement rattrapé cet homme, qui doit aujourd’hui une somme importante à son ancien patron.
Selon le journal Ouest-France, l’affaire concerne une concession située dans cette ville. Le commercial, âgé de 30 ans, aurait mis en place un système frauduleux qui a plongé la concession dans une situation financière critique.
Un système frauduleux sur quatre ans
Tout commence en 2019 dans cette concession. Le vendeur profite de failles dans les contrôles internes et de la confiance de ses supérieurs pour élaborer une stratégie basée sur de faux contrats de vente et de leasing avec option d’achat. Concrètement, ce sont plus de 200 contrats frauduleux, voire 243 dossiers, qui sont établis durant cette période.
Certains documents sont falsifiés ou ne correspondent pas aux conditions réelles des clients. Le vendeur usurpe aussi des validations internes qui auraient dû être faites par un responsable. Ces pratiques restent discrètes pendant plusieurs années, jusqu’à ce que les chiffres commencent à dérailler sérieusement.
Un préjudice considérable pour la concession
Les conséquences financières pour la concession deviennent rapidement visibles. Les montants prévus dans les contrats de leasing ne correspondent pas aux paiements effectués par les clients ou à ce que la concession récupère à la fin des contrats. En 2022, le préjudice dépasse déjà 220 000 euros, ce qui met en danger la santé financière de l’entreprise.
Au total, le préjudice global est estimé à environ 500 000 euros. Par ailleurs, le vendeur aurait perçu environ 40 000 euros de primes grâce à ces performances artificiellement gonflées. La différence entre ses gains personnels et la perte pour l’employeur est saisissante. L’affaire remonte jusqu’aux dirigeants, puis aux autorités, qui ont finalement licencié le commercial en 2023.
Une condamnation en justice
Le dossier a été porté devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc. Le vendeur doit répondre de plusieurs années d’arnaques internes, qui ont nui à la concession. La justice a retenu la gravité du préjudice et la répétition des faits sur près de quatre ans.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et a condamné l’ancien commercial à un an de prison avec sursis. Il lui est aussi interdit d’exercer le métier de conseiller en vente de voitures pendant cinq ans. Cette interdiction empêche toute reprise immédiate de cette activité, qui semblait pourtant lui réussir sur le papier.
Une dette colossale envers l’ancien employeur
Le volet financier est également lourd de conséquences. Le tribunal a condamné le vendeur à rembourser plus de 403 000 euros à son ancien employeur. Cette somme couvre le préjudice subi par la concession et les frais de justice. Pour l’ancien vendeur, cette dette représente un lourd poids qui pourrait l’accompagner longtemps dans sa vie personnelle.
Ce montant dépasse largement les 40 000 euros de primes qu’il aurait touchés grâce aux contrats frauduleux. La différence entre ce qu’il a gagné et ce qu’il doit rembourser est considérable. La relation entre l’employeur et le salarié est totalement inversée : le patron devient créancier de son ancien employé, avec une somme qui pourrait faire vaciller bien des ménages.
