Voyage dans le temps : la Citroën DS 1958 révèle tous ses secrets
Une immersion dans l’histoire de la Citroën DS de 1958
En 2026, nous avons repris la route à bord d’une Citroën DS de 1958, une berline et un break originaires du Quai de Javel. Notre objectif : évaluer leur véritable valeur aujourd’hui. Entre un confort innovant, un moteur discret et leur rareté en collection, ce voyage dans le temps réserve plusieurs surprises.
Une expérience nostalgique et technique
Remettre le volant d’une Citroën DS 1958, c’est comme rembobiner l’histoire de l’automobile française. Lancée à l’automne 1955, la DS a marqué son époque avec son aérodynamisme inédit et sa technologie futuriste. Trois ans plus tard, elle se décline en version break, une première chez Citroën, qui combine le confort d’une limousine avec la praticité d’un véhicule familial.
Ce premier break repose sur une suspension hydropneumatique à niveau constant. Capable de supporter jusqu’à 800 kg, il ne s’affaisse pas, contrairement à certains grands breaks de l’époque. Lors de notre essai, un modèle ID break de 1965 illustre parfaitement l’esprit de cette version : une même philosophie technique, un confort de conduite exceptionnel qui continue à surprendre encore aujourd’hui, même en 2026.
Une révolution familiale et pratique
Lors de son lancement, la Citroën DS break a marqué un tournant. C’était le premier break de la marque, dérivé de la berline révolutionnaire. Contrairement aux grands breaks classiques, souvent lourds et peu maniables, la DS conserve ses qualités routières exceptionnelles même chargée. Elle reste stable, sans s’affaisser, ce qui est un avantage pour les familles nombreuses, les artisans ou les professionnels de santé.
La silhouette allongée porte la longueur du véhicule de 4,80 m à près de 5 mètres. Le coffre offre une capacité de 451 dm3, et jusqu’à 1 900 dm3 en retirant les sièges arrière. Le hayon divisé facilite le chargement. La configuration peut accueillir jusqu’à huit personnes, transformant la DS en une véritable navette familiale ou professionnelle.
Une conduite douce mais peu nerveuse
Le moteur sous le capot est un 4 cylindres de 1 911 cm3, équipé d’un arbre à cames latéral et d’un carburateur double corps. Sur notre modèle ID break, il développe 75 chevaux à 4 500 tr/min, avec une vitesse maximale de 140 km/h. La nervosité est modérée, et les accélérations lentes. La voiture fonctionne principalement sur sa lancée, invitant à une conduite fluide, adaptée à son caractère.
La version break, basée sur l’ID, conserve la suspension hydropneumatique emblématique. La direction assistée devient optionnelle, et la boîte hydraulique disparaît. On retrouve une pédale d’embrayage classique et un levier de vitesses au-dessus de la console. Le freinage se fait via un gros bouton-poussoir placé au sol, très expressif lors du premier ralentissement, mais demandant un peu d’habitude au dosage. Sur route, l’équilibre impressionne : la stabilité en virage reste excellente, même face aux creux, bosses, pluie ou vent.
Le confort et la collection
À l’intérieur, la présentation a évolué par rapport à la première version. La clé de contact se trouve désormais sous le volant, un bouton de démarrage est placé sur la console centrale, et le levier de vitesses est situé juste au-dessus. Les sièges moelleux, combinés à la suspension, offrent un confort unique, presque mouvant, qui a marqué plusieurs générations d’automobilistes.
Le break est plus lumineux que la berline, notamment dans cette version à huit places. Cependant, les trois strapontins intermédiaires restent peu confortables pour de longs trajets. Sur le plan sonore, le moteur, dérivé de celui de la Traction des années 1930, peut devenir envahissant au-delà d’un certain régime. En collection, ces modèles représentent moins de 7 % de la production totale des DS et ID, soit environ 50 773 exemplaires produits entre 1959 et 1968. Beaucoup ont été usés par de gros rouleurs, et les restaurations complètes sont rares. Les modèles en bon état se vendent autour de 28 000 €, un prix élevé qui invite à la réflexion avant de se lancer dans l’aventure.
