Radars de covoiturage : une utopie inefficace et source d’injustices

Radars de covoiturage : une utopie inefficace et source d’injustices

Des radars de covoiturage mal efficaces et injustes

Les radars de covoiturage avaient pour objectif de fluidifier la circulation et de réduire la pollution en encourageant le partage de véhicules. Cependant, leur déploiement se révèle être un véritable cauchemar administratif pour de nombreux automobilistes.

Ces caméras intelligentes, censées repérer le nombre d’occupants dans un véhicule, se montrent souvent défaillantes. Malgré leur technologie avancée, elles peinent à détecter la présence d’un passager, notamment lorsqu’il s’agit d’un tout-petit installé dans un siège auto à l’arrière. Résultat : des parents respectant la loi se retrouvent verbalisés avec une amende de 135 euros. Pour prouver leur innocence, ils doivent se lancer dans une procédure juridique compliquée, en recueillant témoignages ou attestations scolaires pour tenter d’annuler la contravention.

Une technologie défaillante

Ce dispositif s’inscrivait dans une démarche écologique. L’idée était d’éviter que des véhicules ne transportent qu’une seule personne en ville, en multipliant les voies réservées au covoiturage et aux transports en commun. Très vite, des zones comme le périphérique parisien ou les rocades de Lyon, Strasbourg et Nantes ont été équipées de radars nouvelle génération.

Ces radars utilisent l’intelligence artificielle pour analyser l’intérieur du véhicule et compter ses occupants. Mais la technologie montre ses limites. Elle a du mal à détecter à travers les vitres teintées, les reflets ou lorsque les passagers sont endormis. Le pire concerne la détection des enfants en bas âge, souvent dissimulés dans leur siège auto, dos à la route ou trop petits pour dépasser la ligne de la portière. Ces situations rendent l’enfant « invisible » aux caméras.

Les parents, qui respectent pourtant la réglementation, reçoivent parfois plusieurs jours plus tard une amende de 135 euros. Une somme importante pour une infraction difficile à prouver.

Une présomption de culpabilité automatique

Recevoir un courrier officiel de la part de l’administration peut provoquer une grande inquiétude. La machine administrative fonctionne souvent de manière automatique, inversant la charge de la preuve. Ce n’est plus à l’État de prouver l’infraction, mais au conducteur de démontrer qu’il était en règle.

Il devient alors difficile, voire impossible, de prouver que l’enfant était bien à l’arrière du véhicule au moment de la verbalisation. La loi exige des preuves concrètes, comme des vidéos ou des attestations. La dashcam, si elle est équipée, peut alors constituer un précieux bouclier. Faute de cela, le conducteur doit contacter l’école ou la crèche pour obtenir une attestation, ou recueillir un témoignage écrit d’un adulte présent dans la voiture. Ces documents sont ensuite envoyés au tribunal, où un juge doit trancher leur validité. Beaucoup d’automobilistes abandonnent face à la complexité du processus ou craignent que l’amende ne soit majorée en cas de rejet.

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