Crise ou opportunité : les Français délaissent les voitures neuves
À six mois des élections municipales de 2026, le budget auto des Français est en forte baisse. Selon une étude, leur dépense moyenne pour l’achat d’une voiture est passée de 360 à 238 euros par mois. Pour les ménages modestes, cette somme tombe même à 210 euros, un niveau inédit depuis 2022.
Face à ces difficultés financières, les automobilistes changent leurs habitudes. La majorité d’entre eux privilégient désormais l’achat d’une voiture d’occasion. Environ 80 % des Français envisagent cette option, soit une hausse de 6 points par rapport à 2024. Beaucoup d’entre eux ont aussi réduit leur fréquence de déplacements ou reporté l’entretien de leur véhicule, des décisions souvent contraintes par le budget.
Par ailleurs, les aides nationales pour l’achat de voitures sont souvent perçues comme compliquées et peu claires. Une majorité de Français, 80 %, se disent perdus face aux dispositifs en constante évolution. La plupart ne comptent pas profiter du leasing social (79 %) ou trouvent les démarches pour bénéficier de l’aide électrique trop complexes (74 %). De plus, 79 % refusent que l’argent public serve à financer des véhicules de luxe ou des gros SUV, même électriques. Enfin, 72 % souhaitent la suppression des Zones à Faibles Émissions (ZFE).
Une attente pour des aides municipales ciblées
Les Français attendent désormais des mesures locales. Selon l’étude, 94 % d’entre eux pensent que leur futur maire devrait faire de la mobilité une priorité dans son programme. Parmi les sujets évoqués, le stationnement (42 %), les transports en commun (37 %) et la mobilité en zones rurales ou périurbaines (32 %) sont les plus cités. Mais un tiers des sondés, soit 34 %, souhaitent que la ville mette en place des aides à l’achat de véhicules.
Les préférences des électeurs pour ces aides sont claires. 20 % d’entre eux privilégieraient un soutien à l’achat de voitures d’occasion récentes ou reconditionnées. Viennent ensuite les véhicules thermiques neufs (12 %) et les électriques (10 %). Beaucoup voient dans ces mesures une solution plus accessible et adaptée à leur budget, plutôt que des voitures neuves haut de gamme.
Les voitures d’occasion reconditionnées et électriques en tête
La voiture d’occasion reconditionnée apparaît comme une option privilégiée. Sa notoriété augmente, avec 75 % des automobilistes l’ayant déjà entendue parler, contre 68 % l’année précédente. Elle bénéficie d’une image positive : 89 % la trouvent plus abordable que le neuf, 77 % pensent qu’elle est plus écologique, et 77 % la considèrent comme plus fiable que l’occasion classique.
Les chiffres confirment cette tendance. 80 % des Français souhaitent que les pouvoirs publics étendent les aides à l’achat de véhicules d’occasion thermiques récents et peu polluants. Trois quarts d’entre eux (75 %) aimeraient voir des dispositifs spécifiques pour les voitures d’occasion reconditionnées, une proportion qui grimpe à 85 % chez les ménages modestes. La demande pour les véhicules électriques d’occasion est également forte : 68 % souhaitent que des aides leur soient accessibles, et 58 % veulent des mesures garantissant la durée de vie ou l’autonomie de la batterie.
Le rôle des maires dans la mobilité de demain
Les collectivités locales jouent un rôle central dans cette évolution. Selon l’étude, 84 % des Français estiment que leur maire doit s’impliquer dans la gestion de l’espace public, notamment en préservant des zones piétonnes, en développant les pistes cyclables ou en créant des parkings de covoiturage. Mais certains attendent aussi un soutien financier pour l’achat de véhicules plus respectueux de l’environnement, surtout pour ceux qui n’ont pas d’alternative à la voiture.
Ce contexte laisse entrevoir la possibilité d’un « chèque voiture d’occasion » local, qui pourrait devenir un sujet important lors des élections municipales. Les chiffres montrent une forte préférence pour l’aide à l’achat de véhicules reconditionnés ou électriques d’occasion, plutôt que pour l’incitation à l’achat de voitures neuves ou des mesures restrictives comme les ZFE.
