Gazole à plus de 2€ : Leclerc et U réagissent avec une baisse spectaculaire
Après plusieurs jours de records, le prix du gazole a dépassé les 2 euros le litre dans de nombreuses stations-service. En réponse, Leclerc et U ont annoncé une baisse de 30 centimes par litre, ce qui a suscité beaucoup d’espoir chez les automobilistes.
Depuis le mercredi 11 mars, Michel-Édouard Leclerc a assuré qu’une baisse rapide des prix de l’essence et du diesel serait mise en place dans ses stations et celles de Coopérative U. Ces enseignes ont expliqué avoir négocié avec les raffineurs pour faire baisser les prix.
Le lendemain, jeudi 12 mars, cette réduction aurait dû commencer à apparaître dans les stations. La baisse s’appuie sur une baisse du prix du pétrole brut, tombé d’environ 120 dollars le baril (près de 110 euros) à 85 dollars (environ 78 euros), avant de remonter à 100 dollars (environ 92 euros). Cependant, sur le terrain, la mise en œuvre est progressive.
Les promesses de baisse de 30 centimes : ce qui a été annoncé
Michel-Édouard Leclerc a expliqué avoir négocié cette baisse avec Coopérative U. Les deux enseignes partagent une centrale d’achat pour le carburant. Elles ont affirmé avoir exercé une pression sur les raffineurs pour obtenir une réduction de 30 centimes par litre.
Il a précisé que cette baisse était « provisoire ». La volatilité du prix du pétrole ne permet pas de garantir un prix stable sur le long terme.
Le dirigeant a également indiqué qu’un calendrier de réduction serait mis en place. Selon lui, la baisse sera progressive : « Au fur et à mesure que les stations seront réapprovisionnées, on aura d’abord une baisse de 0,23 euro, puis encore 0,07 euro. » Autrement dit, les automobilistes ne verront pas immédiatement une réduction de 30 centimes partout, mais une série de diminutions au fil des livraisons de carburant.
Les premières baisses visibles dans les stations
Dès le jeudi 12 mars, plusieurs stations Leclerc et U ont commencé à afficher des prix plus bas. À Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le prix du diesel est passé de 2,179 euros à 1,939 euro le litre, en deux jours. À Rezé, près de Nantes, le prix est descendu de 2,020 euros à 1,958 euro.
Des diminutions plus modestes ont été constatées à Caen, où le diesel est passé de 2,049 euros à 2,019 euros, et à Chaponnay, près de Lyon, où le prix est passé de 1,978 euro à 1,958 euro.
Chez Magasins U, des baisses similaires ont été observées. Au Super U de Saint-Grégoire, près de Rennes, le gazole est passé de 2,015 euros à 1,989 euro. À Eschau, au sud de Strasbourg, la baisse est plus marquée, de 2,055 euros à 1,916 euro.
Cependant, certains points de vente n’ont pas encore modifié leurs prix. Par exemple, le Super U de Bollwiller, en Alsace, reste à 2,065 euros le litre. Pour suivre l’évolution des prix, l’application Gasoil Now recense les tarifs en temps réel et propose des graphiques par station.
Pourquoi toutes les stations ne baissent pas encore leurs prix ?
La différence de rythme entre stations s’explique principalement par la logistique. Michel-Édouard Leclerc rappelle qu’il faut du temps pour que les camions-citernes arrivent dans les stations et pour que celles-ci écoulent le carburant acheté à un prix plus élevé.
Jusqu’à ce qu’une station ait vendu tout son stock plus cher, elle ne peut pas appliquer la baisse intégrale négociée. C’est pourquoi la réduction se fait par étapes de 0,23 euro, puis de 0,07 euro.
En attendant que toutes les stations appliquent la baisse complète, certains automobilistes se tournent vers d’autres enseignes. TotalEnergies, par exemple, a plafonné le prix de l’essence à 1,99 euro le litre et celui du diesel à 2,09 euros, avec ces tarifs garantis jusqu’à la fin mars.
Le gouvernement a rencontré jeudi les distributeurs. Ceux-ci se sont engagés à répercuter rapidement la baisse des cours du baril et à réduire immédiatement les prix, tout en restant attentifs à une possible remontée dans les semaines à venir.
