Sécurité routière : la répression ne freine plus la tragédie

Sécurité routière : la répression ne freine plus la tragédie

Une stratégie contestée : la répression ne suffit plus

Les chiffres de la sécurité routière pour 2025 sont alarmants. On dénombre 3 513 décès, soit une hausse de 2,36 % par rapport à l’année précédente. Sur les six dernières années, la tendance stagne, malgré une intensification des contrôles et des sanctions. Déjà en 2021, la Cour des comptes alertait sur l’efficacité limitée de cette politique. Aujourd’hui, des études du Cerema et de l’université Gustave-Eiffel confirment que l’approche basée principalement sur la répression n’apporte pas les résultats escomptés.

Les limites de la politique de radars

Les routes secondaires, qui représentent seulement un tiers du réseau routier français, concentrent près de 60 % des morts sur la route. La majorité des accidents graves ne sont pas uniquement liés à la vitesse, mais aussi à l’état des infrastructures. Un mauvais entretien, comme un nid-de-poule ou un virage dangereux, peut favoriser la survenue d’accidents mortels. Installer des radars dans ces zones dégradées revient à lutter contre des symptômes plutôt que des causes. Selon les chercheurs, ces dispositifs ne réduisent la mortalité que de 1 à 2 % par an, une efficacité limitée.

Réparer les routes, une solution plus efficace

Pour réellement sauver des vies, il faudrait investir dans l’entretien et la réparation des routes. Les études montrent qu’un budget conséquent dédié à l’amélioration des chaussées pourrait réduire le nombre de morts de 5 à 7 % chaque année. Une approche proactive, visant à identifier et sécuriser les zones à risques avant que des accidents ne se produisent, pourrait même faire baisser le nombre d’accidents mortels jusqu’à 17 % dans certains territoires ruraux.

Un manque de coordination et des ressources insuffisantes

Actuellement, seule une minorité de conseils départementaux adopte cette stratégie. Le manque de coordination, combiné à des budgets souvent trop limités, freine la rénovation des routes. La Ligue de défense des conducteurs a lancé une pétition pour dénoncer cette situation. Avec près de 65 000 signatures, l’association demande que l’argent des amendes soit réinvesti dans l’état des routes, plutôt que dans l’installation de nouveaux radars. Pour eux, un réseau routier en bon état est le meilleur rempart contre les accidents graves.

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