Une micro-entreprise du Tarn révolutionne l’électrique avec des voitures rétro années 30
Dans la petite commune de Saint-Sulpice-la-Pointe, au cœur du Tarn, un atelier artisanal produit des voitures électriques au style rétro inspiré des années 1930. Ces véhicules, fabriqués par une micro-entreprise nommée Devinci, attirent des clients du monde entier, y compris au Japon, un marché réputé pour son exigence.
Une voiture électrique au look des années 30
Créée par l’ancien pilote Jean-Philippe Dayraut, Devinci a pour ambition de revisiter l’esprit des voitures de grand prix des années 1930, mais en version électrique. Le design s’inspire des Bugatti et des roadsters d’avant-guerre, avec une ligne longue, un capot remarquable et un petit cockpit reculé. Cependant, derrière cette apparence vintage se cache une mécanique entièrement électrique.
Depuis 2021, la marque appartient à la holding Berlié Finance, liée au groupe Serma, spécialisé dans l’électronique. La direction est assurée par Jonathan Rouanet, ancien de la maison Hermès, qui supervise le développement de ces voitures. Tout est conçu, dessiné et assemblé à Saint-Sulpice-la-Pointe, dans un atelier où chaque étape est réalisée à la main. Selon Rouanet, chaque voiture est achevée par la même personne qui l’a commencée, illustrant ainsi l’aspect artisanal de la fabrication.
Une voiture de collection homologuée au Japon
Le modèle phare actuel s’appelle la Devinci DB-721, avec une version nommée Brigitte. La gamme comprend quatre finitions : Brigitte, Adèle, Marianne et Eugénie. Cette dernière est produite en édition limitée à un exemplaire par an et par continent, afin de préserver sa rareté. Malgré son style rétro, ses caractéristiques techniques modernes sont impressionnantes : suspensions hydrauliques, freins à disque, batteries LFP. La voiture pèse seulement 690 kilos, offre une autonomie d’environ 220 kilomètres et atteint une vitesse maximale de 110 km/h. Elle est pensée pour la balade plutôt que pour la compétition.
Chaque véhicule est entièrement personnalisable, de la couleur à la sellerie, en passant par le numéro de châssis. La fabrication prend entre six et sept semaines, et une vingtaine de voitures sortent chaque année de l’atelier tarnais. Les prix varient entre 58 000 et 200 000 euros hors taxes. La clientèle inclut notamment le prince Albert II de Monaco, fidèle à ces voitures au charme rétro.
Une expansion à l’international
Près de 75 % des ventes de Devinci se font désormais à l’étranger. Les voitures roulent déjà à Dubaï, Abu Dhabi, au Pérou, en Turquie, au Liban ou encore au Cambodge. La dernière étape pour la marque est l’homologation de ses modèles au Japon, un marché où l’artisanat, le design et la technologie sont très valorisés.
Jonathan Rouanet insiste sur l’image de savoir-faire français et de luxe que souhaite transmettre la marque à l’échelle mondiale. Ces voitures légères, conçues pour la promenade et le tourisme, séduisent une clientèle sensible à l’esthétique et à l’objet rare. De Saint-Sulpice-la-Pointe aux rues japonaises, Devinci trace désormais sa route bien au-delà du Tarn.
