Fraude au kilométrage : ces voitures qui vous cachent jusqu’à 144 000 km

Fraude au kilométrage : ces voitures qui vous cachent jusqu’à 144 000 km

Selon une étude de carVertical réalisée en 2025, la fraude au kilométrage concerne de nombreux véhicules d’occasion en France et en Europe. Certains modèles ont vu leur compteur effacé de jusqu’à 144 000 km sans que l’acheteur en ait connaissance.

Ce phénomène ne concerne pas uniquement des voitures importées. Des SUV familiaux, des berlines haut de gamme, ainsi que des utilitaires très prisés sur le marché professionnel apparaissent en tête de liste. La manipulation des compteurs permet de rajeunir artificiellement un véhicule, ce qui peut fausser la réalité de son usure. Sur certains modèles, ce rajeunissement atteint près de 144 000 km.

Les modèles les plus touchés en France et en Europe

En France, environ 3,27 % des véhicules contrôlés présentent un kilométrage manipulé. Cela représente entre 300 000 et 350 000 voitures par an, une part significative du marché de l’occasion. À l’échelle européenne, ce pourcentage grimpe à 4,9 %, ce qui implique plusieurs milliards d’euros de pertes pour les acheteurs et les États.

Les modèles les plus fréquemment trafiqués en France sont notamment l’Audi Q7, avec 6,6 % des véhicules contrôlés présentant une fraude, et une réduction moyenne du compteur de 88 392 km. L’Audi A6 et l’Opel Vivaro suivent, avec respectivement 6,3 %, et des réductions moyennes de plus de 64 000 km. D’autres modèles comme l’Opel Insignia, le Mercedes-Benz Sprinter ou l’Opel Astra sont également concernés à des degrés moindres.

En Europe, certains modèles sortent aussi du lot, tels que la Toyota Prius (14,3 % de véhicules trafiqués), l’Audi A8 (12,2 %) ou la Volvo V70 (9,3 %).

Utilitaires et véhicules haut de gamme, cibles privilégiées

Les utilitaires figurent parmi les plus touchés par la fraude en France. Le Fiat Ducato affiche une réduction moyenne de 144 287 km. Le Volkswagen T5 et le Mercedes Sprinter suivent, avec respectivement 122 852 km et 120 258 km effacés. Ces véhicules, souvent utilisés pour la livraison ou par des artisans, voient leur côte artificiellement gonflée grâce à une manipulation du compteur.

Ce type de fraude masque une usure mécanique plus importante que ce que laisse penser le kilométrage affiché. Les utilitaires ne sont pas les seuls concernés. Les SUV, berlines haut de gamme et hybrides très demandés, comme la Toyota Prius, sont aussi souvent visés. La forte valeur de revente de ces véhicules et leurs kilométrages annuels élevés en font des cibles idéales pour les fraudeurs. Une réduction de 60 000 à 100 000 km peut permettre au vendeur d’augmenter la valeur de vente de plusieurs milliers d’euros, tout en exposant l’acheteur à un risque accru d’usure prématurée.

Se protéger contre la fraude au kilométrage

Selon Matas Buzelis, expert chez carVertical, le problème réside dans l’opacité des données. Les informations essentielles comme le kilométrage, les dommages ou les changements de propriétaire sont souvent dispersées dans différentes bases de données. Sans accès à un historique complet, l’acheteur peut se retrouver avec un véhicule avec un compteur trafiqué ou ayant subi de nombreux dégâts.

Les importations intra-européennes compliquent également la vérification. Tous les pays ne partagent pas systématiquement leurs données, ce qui facilite la manipulation des compteurs.

Pour limiter ces risques, il est fortement conseillé de consulter un rapport d’historique complet. Celui-ci permet de retracer l’évolution du kilométrage et de repérer d’éventuelles manipulations, telles que plusieurs modifications du compteur. Un tel rapport est un outil essentiel, car la fraude impacte non seulement la valeur du véhicule, mais aussi ses coûts d’entretien futurs et sa sécurité mécanique.

  • Il est aussi recommandé de croiser plusieurs sources d’informations : le service public HistoVec, les factures d’entretien, les contrôles techniques antérieurs, et l’avis d’un professionnel indépendant en cas de doute.

Une voiture avec un compteur trafiqué représente non seulement une arnaque financière, mais aussi un danger mécanique qui peut coûter cher à long terme, bien au-delà du prix d’achat initial.

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