À 71 ans Pascal propose des covoiturages en Bentley mythique
À 71 ans, Pascal propose désormais des places de covoiturage à bord d’une Bentley Mark VI de 1949, sur la plateforme BlaBlacar.
Une passion de longue date
Il a fallu attendre 39 ans pour que Pascal puisse acheter la voiture dont il rêvait depuis l’adolescence. En 1970, alors en classe de première, il découvre par hasard une Bentley Mark VI stationnée près de son lycée. La voiture est en mauvais état, avec une peinture noire presque mate, des chromes ternis et un intérieur fatigué. Pourtant, elle a un charme indéniable et donne envie de prendre la route pour de longues escapades. Ses camarades ne comprennent pas vraiment son obsession, mais Pascal revient plusieurs fois la voir avant qu’elle ne disparaisse.
Une rencontre qui marque
Trois ans plus tard, un jour à Place Saint-Germain-des-Prés à Paris, il aperçoit une Bentley Mark VI en parfait état. Deux jeunes femmes anglaises, très décontractées, en sortent et s’éloignent à pied. Pascal reste fasciné et se remémore ce moment comme une source d’inspiration. Il garde alors le rêve de posséder un jour sa propre Bentley.
Une quête de plusieurs années
Malgré sa passion, ses ressources limitent ses ambitions. Il collectionne la littérature sur la Mk VI et suit les annonces en France et en Angleterre, quitte à se faire mal financièrement. En 2005, un ancien camarade l’emmène dans sa propre Bentley Mk VI. Pascal est ému : c’est la première fois qu’il voit une de ses voitures de rêve en vrai, et il en prend le volant pour la première fois.
Une opportunité en 2008
En 2009, la crise économique a fait baisser la cote des voitures de collection, et les prix des Bentley Mk VI sont devenus plus abordables. Son épouse le convainc de sauter le pas. En décembre, Pascal remporte aux enchères à Fontainebleau une Bentley Mk VI de 1949, carrossée par HJ Mulliner. Quarante ans après son rêve d’adolescent, il devient propriétaire de cette voiture.
Un début difficile
Mais la vie n’est pas sans obstacles. Peu de temps après, le 15 décembre 2009, la voiture prend feu dans son garage à cause d’une fuite d’essence sur le démarreur. Pascal doit rapidement évacuer et appeler les pompiers. Heureusement, le feu ne remonte pas jusqu’au réservoir, et l’assurance couvre les dégâts.
Une voiture entretenue avec passion
Après plusieurs mois de réparations, la Bentley reprend la route au printemps 2010. Depuis, Pascal parcourt les routes françaises à une vitesse de croisière de 110 km/h. Avec son épouse, il a déjà parcouru plus de 40 000 kilomètres, principalement sur les nationales, sans souci majeur. La seule dépense importante reste le carburant, que Pascal qualifie de « consommation de Concorde ». Pour l’amortir, il utilise BlaBlacar, depuis 2010.
Le covoiturage à l’ancienne
Il indique que ses annonces précisent que la voiture est ancienne, sans climatisation, et que les trajets sont plus longs, avec parfois des arrêts touristiques. Il insiste sur la transparence pour ne pas tromper les voyageurs. Ce mode de covoiturage lui permet de partager des moments humains riches. Il se souvient notamment d’un voyage à Vézelay où une conversation passionnante a duré plus d’une heure, et où il a souvent déposé ses covoiturés devant leur porte, préférant le contact humain à la simple course.
Une réaction toujours positive
Pour Pascal, la Bentley ne laisse personne indifférent. Il ne reçoit que des réactions de sympathie, des sourires ou des pouces levés. La voiture lui permet aussi de vivre des grands moments, comme des mariages ou de longs voyages à la campagne. Conduire une Bentley, résume-t-il, c’est une expérience merveilleuse, et après quarante ans d’attente, il continue à en avoir plein les yeux.
