Hybrides Rechargeables : des émissions de CO₂ bien plus élevées que prévu

Hybrides Rechargeables : des émissions de CO₂ bien plus élevées que prévu

Les hybrides rechargeables : des émissions de CO₂ bien plus élevées que prévu

Une étude récente de l’International Council on Clean Transportation (ICCT), menée en Europe, révèle que les émissions de CO₂ des hybrides rechargeables sont bien supérieures à celles annoncées lors des tests officiels. Entre 2021 et 2023, ces modèles ont rejeté jusqu’à cinq fois plus de CO₂ que ce qui était indiqué sur leur fiche technique.

Un décalage croissant entre mesures en laboratoire et réalité sur la route

En 2021, l’écart moyen entre les émissions officielles et celles relevées sur la route s’élevait déjà à 265 %. Deux ans plus tard, en 2023, ce décalage atteint 401 %. Autrement dit, la quantité de CO₂ réellement rejetée par ces véhicules est souvent bien plus importante que ce que les chiffres d’homologation laissent penser.

Ce phénomène concerne toutes les grandes marques. Chez Mercedes, par exemple, l’écart moyen est passé de 329 % en 2021 à 614 % en 2023. Volvo connaît une augmentation similaire, avec un décalage passant de 196 % à 409 %. D’autres constructeurs comme Peugeot ou Toyota présentent aussi des écarts significatifs, montrant que cette divergence est généralisée.

Un impact significatif sur le bilan carbone des fabricants

Ces écarts ne sont pas seulement théoriques. Ils influencent directement le bilan carbone des constructeurs. Lorsqu’on prend en compte tous les modèles, l’étude montre qu’il y a en moyenne un écart de 18 % si l’on exclut les hybrides rechargeables, et jusqu’à 47 % lorsqu’ils sont intégrés dans le calcul global.

Chez Volvo, par exemple, la différence globale dans le bilan carbone atteint 163 % si l’on inclut tous les hybrides rechargeables. En retirant ces modèles, cet écart tombe à 15 %. La situation est similaire chez Mercedes ou BMW, où la forte proportion de véhicules hybrides rechargeables dans les ventes accentue le fossé entre chiffres officiels et réalité.

Les conséquences à l’échelle européenne

Au total, en Europe, environ 840 000 hybrides rechargeables nouvellement immatriculés ont un impact environnemental bien supérieur à celui indiqué. Selon l’ICCT, ces véhicules ont émis environ 20 millions de tonnes de CO₂ sur leur durée de vie. Sur la période 2021-2025, cela représenterait près de 100 millions de tonnes, soit l’équivalent de 42 milliards de litres de carburant en plus.

Les raisons de ce décalage : la recharge peu fréquente

Le principal problème réside dans la fréquence de recharge des véhicules. Les calculs officiels supposent que la majorité des trajets sont effectués avec la batterie pleine. En pratique, beaucoup de conducteurs ne rechargent pas assez souvent, ce qui oblige le moteur thermique à travailler davantage une fois la batterie déchargée.

Ce fonctionnement combiné entraîne une consommation plus élevée et des émissions de CO₂ supérieures aux estimations. La configuration d’un moteur thermique, d’un moteur électrique et d’une batterie rend la voiture plus gourmande en carburant, notamment lorsque la recharge est peu fréquente.

Revoir les règles européennes pour mieux refléter la réalité

Face à ce constat, la Commission européenne a décidé de modifier ses règles. Depuis 2025, elle revoit le « facteur d’utilisation » qui détermine la part des kilomètres effectués en mode électrique. Une nouvelle étape de cette révision est prévue pour 2027.

Selon l’ICCT, ces ajustements pourraient ne pas suffire. L’organisation plaide pour l’instauration d’un mécanisme automatique qui renforcerait les objectifs de réduction des émissions de CO₂. Ce dispositif serait activé si les émissions observées sur la route s’éloignaient trop des valeurs d’homologation.

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