Recharge électrique : des factures qui peuvent tripler selon votre mode d’accès
Deux voitures branchées sur la même borne de recharge publique peuvent entraîner des factures très différentes. Pour certains conducteurs, la dépense peut presque tripler selon la manière dont ils accèdent à la borne.
Une enquête menée par la CLCV, une association de défense des consommateurs, a analysé plus de 200 000 sessions de recharge sur tout le territoire français. Elle révèle que le prix à payer varie fortement, en fonction notamment du mode d’accès et du département.
Une grande variation de prix selon le mode d’accès
Le mode d’utilisation de la borne est au cœur de ces écarts. Un même point de recharge en courant alternatif triphasé peut être utilisé en accès direct ou via un opérateur de mobilité. Dans le premier cas, le tarif peut rester à 0,36 € par kWh. Avec un opérateur, il peut atteindre 1,033 € par kWh, soit près de 190 % de différence pour la même recharge.
Dans le Nord, par exemple, la différence moyenne entre le prix direct et celui via un opérateur atteint déjà 45 %. Dans certains départements, cette différence est encore plus élevée. Même en restant sur une même borne, la facture peut donc varier considérablement selon la méthode d’accès choisie.
Des écarts qui varient selon les régions et les réseaux
Les prix ne se limitent pas à cette différence entre accès direct et intermédiaire. La CLCV a relevé dans certains départements des écarts de plus de 200 % pour une même borne. Par exemple, dans les Alpes-Maritimes, des bornes de 22 kW peuvent afficher des tarifs allant de 0,328 € à 1,162 € par kWh.
Dans les Hauts-de-Seine, certains opérateurs proposent des prix compris entre 0,270 € et 0,960 € par kWh pour des bornes similaires. Ces différences importantes rendent l’accès aux tarifs avantageux très inégal, selon la région et la borne utilisée.
Une complexité dans la facturation
Le problème ne réside pas seulement dans la variation des prix. La recharge publique repose sur plusieurs modes de facturation : prix au kWh, facturation à la minute ou forfaits par session. Des frais additionnels peuvent aussi s’ajouter, comme ceux de connexion, de stationnement ou d’itinérance.
Cette diversité complique la comparaison des coûts et empêche souvent les usagers de connaître le montant exact avant de commencer leur recharge. Contrairement aux stations-service, l’affichage des prix n’est pas uniformisé ni toujours clair pour le consommateur.
Une nécessité de régulation et de transparence
Selon Éric ADACHOWSKY, président de la CLCV, ces résultats montrent que le marché de la recharge électrique est insuffisamment régulé. L’association demande une meilleure transparence et une harmonisation des informations tarifaires. Elle souhaite que les obligations d’affichage soient pleinement respectées, renforcées, et que les prix soient plus lisibles.
Elle insiste aussi sur la nécessité de moyens de paiement simples, comme la carte bancaire, pour réduire la dépendance à certains badges ou applications. Enfin, la CLCV réclame la création d’un suivi national des prix pour mieux repérer les dérives et réduire les inégalités selon les territoires.
