Le leasing social en pleine explosion : 20 000 véhicules réservés en deux semaines
Le dispositif de leasing social connaît une forte mobilisation. Près de la moitié des 50 000 véhicules disponibles ont déjà été réservés, selon les chiffres communiqués récemment.
Ce programme permet aux ménages modestes et aux gros rouleurs de bénéficier d’aides pouvant atteindre 9 500 euros pour louer une voiture électrique. Avec une enveloppe totale de 401 millions d’euros, le dispositif a connu un démarrage rapide, enregistrant près de 20 000 commandes en seulement deux semaines.
Une réussite en apparence, mais à relativiser
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’est félicité de cette progression sur France Inter, soulignant que le dispositif « arrive très vite au plafond ». Cependant, cette réussite ne surprend pas totalement. Les précédentes vagues de leasing social avaient également connu un engouement rapide, au point d’être suspendues prématurément faute de budget suffisant.
Les aides varient selon l’origine du véhicule
Le principe reste simple : permettre à des familles à faibles revenus d’accéder à une voiture électrique neuve, en location longue durée d’au moins trois ans, sans avoir à payer d’avance le montant du premier loyer. Cette année, l’État propose une aide pouvant aller jusqu’à 6 500 euros pour les véhicules non européens, un montant en baisse par rapport à l’an dernier où il était de 7 000 euros.
En revanche, les modèles fabriqués en Europe, avec la voiture, la batterie et le moteur produits localement, bénéficient d’un soutien renforcé, porté à 9 500 euros. Cette différenciation vise à favoriser l’industrie européenne plutôt qu’à simplement démocratiser l’électrique.
Conditions d’éligibilité restrictives
Ce dispositif n’est pas accessible à tous. Il s’adresse principalement aux foyers dont le revenu fiscal de référence par part ne dépasse pas 16 880 euros par an. Il cible également les « gros rouleurs » : ceux qui vivent à plus de 10 km de leur lieu de travail ou qui parcourent plus de 8 000 km par an à des fins professionnelles.
Les conditions incluent aussi le fait d’être majeur, de résider en France (en métropole, Outre-mer ou à Saint-Pierre-et-Miquelon) et de ne pas avoir bénéficié du leasing social en 2024 ou 2025. Ces critères restrictifs limitent mécaniquement le nombre de bénéficiaires potentiels, malgré l’ampleur de l’enveloppe disponible.
Financement par les certificats d’économies d’énergie
Ce troisième volet du leasing social est financé à hauteur de 401 millions d’euros, issus des certificats d’économies d’énergie (CEE). Ces certificats sont achetés par les fournisseurs d’énergie, dans une logique de pollueur-payeur, ce qui signifie que ce financement ne pèse pas directement sur le budget de l’État, même s’il reste une charge globale.
