Le gouvernement abandonne le malus au poids sur les voitures électriques lourdes
Le gouvernement renonce à appliquer un malus au poids aux voitures électriques
Initialement prévu pour s’appliquer aux véhicules électriques lourds, le malus au poids a finalement été abandonné par le gouvernement. La décision a été prise à la dernière minute, laissant de côté une mesure qui aurait accru la fiscalité sur les voitures électriques les plus lourdes.
Contexte et évolution du malus au poids
Depuis 2022, la France impose un malus lors de la première immatriculation des véhicules. À ses débuts, cette taxe concernait uniquement les modèles thermiques pesant plus de 1800 kg. Au fil des années, le seuil a été abaissé : à 1600 kg en 2024, puis à 1500 kg depuis le 1er janvier 2026. Jusqu’à présent, les voitures électriques et à hydrogène étaient exemptées de cette taxe.
Le projet de taxation des voitures électriques lourdes
Le projet de budget prévoyait d’éliminer cette exemption à partir du 1er juillet 2026 pour les véhicules électriques dépassant 2,1 tonnes. Ce seuil était calculé après un abattement forfaitaire de 600 kg, destiné à compenser la masse des batteries. Cependant, cette mesure n’a finalement pas été adoptée lors de l’adoption définitive du budget, qui s’est faite via l’article 49.3 de la Constitution.
Les réactions de l’industrie automobile
Face à cette annulation, les représentants du secteur automobile, notamment la Plateforme de la filière automobile (PFA) et les syndicats de constructeurs, ont rapidement exprimé leur opposition. Selon eux, l’application de cette taxe aurait entraîné une baisse de 10 à 15 % des ventes de voitures électriques dès cette année. Cela représenterait entre 15 000 et 20 000 immatriculations en moins, sur un marché attendu entre 150 000 et 180 000 unités.
Les enjeux financiers
Pour les constructeurs français, cette mesure aurait signifié une perte d’environ 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le report de la taxe permet donc de préserver temporairement la croissance du marché électrique, tout en relançant le débat sur l’équité fiscale entre motorisations et sur le rôle des véhicules lourds dans la transition énergétique.
Une opportunité pour les véhicules importés
Le projet initial prévoyait aussi une exemption pour les véhicules bénéficiant d’un bon éco-score, une note attribuée par l’ADEME basée sur leur impact environnemental. Ce dispositif favorisait les modèles produits en Europe, tandis que ceux importés d’Asie étaient pénalisés. En abandonnant la taxe pour 2026, l’État offre un avantage aux véhicules importés, souvent plus lourds, sans plus de restriction.
Le contexte pour les véhicules thermiques
Par ailleurs, la fiscalité sur les véhicules thermiques continue de se durcir. Le seuil du malus CO2, qui déclenche une pénalité, est passé à 108 g/km en 2026, contre 113 g/km l’année précédente. La limite maximale de la pénalité est aussi relevée, atteignant 80 000 euros, avec une perspective d’augmenter à 100 000 euros en 2028. Quant aux hybrides rechargeables, elles subissent désormais une taxe au poids depuis début 2025.
Ce contexte laisse prévoir que le dossier des véhicules électriques reviendra lors des discussions budgétaires de 2027, alors que Bercy cherche de nouvelles sources de revenus face à la baisse des recettes liées aux carburants.
