Seat menacée de disparition : la fin d’une ère pour l’industrie espagnole
Une menace pour l’industrie automobile espagnole
Depuis plusieurs semaines, la rumeur circulait, mais elle devient aujourd’hui une réalité potentielle : la marque Seat pourrait disparaître du groupe Volkswagen lors d’une restructuration majeure. La presse ibérique s’emballe et les syndicats craignent une vague de suppressions d’emplois.
Une décision stratégique aux conséquences sociales lourdes
Le groupe allemand a décidé de réduire ses effectifs pour faire face à l’électrification et à la concurrence des constructeurs chinois. Seat, autrefois symbole de jeunesse et de décontraction, pourrait être remplacée par sa filiale plus premium, Cupra. La crainte monte face à la possible suppression de milliers de postes, ce qui alimente un vif débat politique et social en Espagne.
Le futur de Seat en question
Selon des documents internes révélés par la presse allemande, la direction de Volkswagen a validé un plan de restructuration baptisé Future Plan 2030. Ce plan prévoit de retirer Seat du marché d’ici 2029. La marque, qui a connu une baisse de 17 % de ses ventes en 2025, voit sa position fragilisée face à la croissance de Cupra, qui affiche une hausse de 33 % de ses livraisons cette même année.
Wayne Griffiths, à la tête de Cupra, mise désormais tout sur cette marque jeune et haut de gamme, qui génère des marges importantes avec ses véhicules hybrides et électriques. En revanche, Seat, sans nouveautés majeures, voit sa gamme stagner et devient peu compétitive face à la montée en puissance de Cupra.
Le groupe prévoit de réduire de moitié la diversité de ses modèles à l’échelle mondiale, ce qui pourrait signifier la fin de la marque Seat, perçue comme coûteuse à maintenir. L’objectif est d’atteindre une marge opérationnelle de 9 % d’ici la fin de la décennie.
Une inquiétude sociale en Catalogne
La décision, bien que prise en Allemagne, impactera directement la Catalogne. Les médias locaux évoquent une véritable panique chez les syndicats. L’usine de Martorell, qui emploie près de 14 000 salariés, est au cœur de cette inquiétude. La suppression potentielle de 50 000 à 100 000 emplois dans le monde, annoncée par Volkswagen, suscite la crainte d’un chômage de masse.
Malgré tout, l’usine de Martorell ne fermera pas immédiatement. Elle a été choisie pour assembler la Cupra Raval et des modèles électriques pour Volkswagen et Skoda. Des investissements importants ont été réalisés pour moderniser les chaînes de production. Cependant, la conversion d’une usine dédiée aux voitures thermiques en une unité spécialisée dans la petite voiture électrique pourrait entraîner une réduction de l’emploi, notamment pour les techniciens spécialisés dans les moteurs à combustion interne.
Ironie du sort, Seat, en lançant des modèles sportifs comme le Formentor, a consolidé son savoir-faire, mais cette même expertise pourrait devenir un obstacle dans la transition vers l’électrique, mettant en péril l’avenir de la marque et de ses employés.
