Petites stations Service: jusqu’à 300 fermetures prévues, la crise des indépendants

Petites stations Service: jusqu’à 300 fermetures prévues, la crise des indépendants

Les petites stations-service traversent une période difficile. Alors que les grandes enseignes commencent à réduire leurs tarifs, les indépendants dénoncent des écarts de prix et une baisse de leur clientèle. La profession redoute jusqu’à 300 fermetures supplémentaires.

Selon Stéphane Decome, vice-président de la branche stations-service de Mobilians, 250 à 300 d’entre elles pourraient fermer d’ici un an. Cette alerte survient alors que les grandes enseignes répercutent la baisse liée au déblocage des stocks stratégiques de gazole, tandis que de petits exploitants disent ne pas en profiter aussi rapidement. Derrière cette menace, les professionnels dénoncent des écarts de prix, des ventes en recul et des trésoreries fragilisées.

Les petites stations pénalisées par les écarts de prix

Chaque année, entre 50 et 80 stations-service indépendantes ferment leurs portes en France. Mais le rythme pourrait s’accélérer. Stéphane Decome, vice-président de la branche stations-service de Mobilians, estime que 250 à 300 établissements pourraient disparaître d’ici novembre 2027. Cette projection suit une première alerte de l’organisation, qui recensait déjà 200 à 300 points de vente en grande difficulté financière en septembre. Il ne s’agit pas de fermetures déjà décidées, mais d’un risque identifié par la profession. Le réseau des stations indépendantes est particulièrement exposé.

Les grandes enseignes peuvent afficher des prix plus bas

La difficulté tient notamment à l’écart de prix entre les grands réseaux et les petites stations. Le 31 octobre, E.Leclerc a annoncé une baisse de 21 centimes par litre de gazole dans ses 742 stations à compter du lendemain. TotalEnergies affichait, de son côté, un prix plafonné à 2,15 euros le litre. Les indépendants, qui n’avaient pas encore bénéficié de la même baisse d’approvisionnement, redoutaient de devoir maintenir des tarifs proches de 2,50 euros. Un tel écart peut détourner les automobilistes vers les enseignes moins chères. La baisse des prix chez Leclerc accentue ainsi la pression concurrentielle.

Les stocks stratégiques et l’accès à la baisse des prix

Pour faire baisser les prix à la pompe, le gouvernement a décidé de libérer 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques. Les volumes doivent permettre une réduction estimée entre 12 et 18 centimes par litre pendant trois mois. Pourtant, les représentants des petites stations estiment que les grands distributeurs bénéficient plus rapidement de cet approvisionnement à prix réduit. Stéphane Decome déplore ainsi que les indépendants soient « les derniers à bénéficier de ce produit détaxé ». Ce décalage complique leur capacité à s’aligner sur les tarifs concurrents et à conserver leur clientèle.

Des marges réduites et des aides jugées insuffisantes

Les stations indépendantes disposent de peu de marge pour absorber les difficultés. Selon la Fédération nationale de l’automobile, leur marge brute se situe souvent entre 5 et 8 centimes par litre. Sur un plein de 48 litres, cela représente environ deux euros, avant le paiement des charges. La situation est d’autant plus difficile que certaines stations ont enregistré une baisse de 30 à 40 % de leurs volumes vendus. Moins de carburant écoulé signifie moins de recettes pour couvrir les salaires, l’entretien et les frais de fonctionnement. La baisse du gazole ne profite donc pas immédiatement à tous les exploitants de la même manière.

L’État propose un prêt pouvant atteindre 5 000 euros par station

Pour soutenir les petits exploitants, le gouvernement a prévu une aide à la trésorerie. Les stations indépendantes situées en zone rurale et distribuant moins de 1 200 m³ de carburant par an peuvent solliciter un prêt auprès de leur banque ou de Bpifrance. L’État prend en charge les intérêts, dans la limite d’un emprunt pouvant atteindre 5 000 euros par établissement. Les demandes concernent les prêts souscrits entre le 20 octobre et le 20 novembre 2026. Ce dispositif, présenté par le ministère de l’Économie, vise à faciliter la répercussion des baisses de prix.

Les fermetures pourraient fragiliser davantage les territoires ruraux

Au-delà des difficultés financières des exploitants, la disparition de ces stations pose un problème de proximité. Dans certains villages, elles constituent le dernier point de ravitaillement accessible aux habitants, aux artisans et aux professionnels qui dépendent de leur véhicule. Une fermeture obligerait parfois les automobilistes à parcourir davantage de kilomètres pour faire le plein. Mobilians réclame donc des mesures permettant de préserver ce maillage territorial. Une rencontre à Bercy est annoncée le 3 novembre 2026 pour défendre les demandes de la profession. Le nombre de fermetures reste une estimation, mais l’alerte souligne la fragilité des petits commerces de proximité. Les chiffres et les alertes de la profession sont corroborés par les publications de Mobilians et de la Fédération nationale de l’automobile. Cette dernière évoque notamment une marge brute de 5 à 8 centimes par litre et des pertes de volumes pouvant atteindre 30 à 40 %.

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