Bruxelles prépare une loi qui va booster l’industrie automobile européenne

Bruxelles prépare une loi qui va booster l’industrie automobile européenne

Une nouvelle loi sur le contenu local en préparation à Bruxelles

La Commission européenne travaille actuellement sur une nouvelle législation visant à renforcer la production automobile européenne. Cette initiative, intégrée dans la loi sur l’accélération industrielle, doit favoriser le développement d’une chaîne d’approvisionnement de véhicules électriques « made in Europe ». Une version initiale de ce cadre législatif devrait être dévoilée le 25 février, après une réunion informelle des dirigeants européens le 12 février.

Les enjeux derrière cette réforme

Le but est de mieux contrôler l’origine des pièces automobiles et de réduire la dépendance aux importations en provenance d’Asie, notamment pour les batteries. La Commission souhaite instaurer un cadre de contenu local minimal pour les véhicules électriques, avec un objectif de composition européenne d’au moins 75 %. Les fournisseurs européens soutiennent cette démarche, craignant que des fabricants chinois puissent contourner les règles en important des kits ou composants, puis en les assemblant dans l’Union européenne.

Les positions des acteurs européens

Ce projet divise l’industrie automobile européenne. La CLEPA, qui représente les équipementiers, insiste sur la nécessité de définir précisément ce qu’est un véhicule « de fabrication européenne ». Elle propose que ce dernier contienne au moins 75 % de composants européens. La France soutient aussi des règles strictes pour favoriser ses constructeurs nationaux, comme Renault et Stellantis.

Les préoccupations de Mercedes-Benz

Mercedes-Benz, par la voix de son PDG Ola Källenius, met en garde contre un protectionnisme excessif. Lors d’une présentation récente, il a souligné que des mesures trop restrictives pourraient provoquer des représailles, notamment de la Chine. Il explique que si l’Europe se ferme trop, cela pourrait entraîner des barrières supplémentaires pour les groupes européens sur ce marché clé.

Une industrie européenne divisée

Selon Ola Källenius, il n’existe pas de position unique au sein de l’industrie. Pour les grands groupes mondiaux comme Mercedes, BMW ou Volkswagen, le libre-échange et l’ouverture des marchés restent des priorités. En revanche, certains acteurs régionaux pourraient soutenir des règles plus strictes sur le contenu local. La CLEPA réclame un seuil clair de 75 % de composants européens, tandis que d’autres, comme BMW, jugent ces quotas inacceptables.

  • La CLEPA insiste sur un seuil de 75 % de composants européens.
  • Le président de BMW, Oliver Zipse, critique toute réglementation avec quotas.
  • Transport & Environment privilégie une réglementation axée sur les batteries plutôt que sur les matières premières.
  • La France souhaite des règles fortes pour soutenir ses constructeurs, notamment Renault et Stellantis.
  • Des pays comme la Suède ou la République tchèque craignent une réduction des investissements étrangers dans leurs usines.

La situation en Allemagne

En Allemagne, premier marché européen, la fédération VDA rappelle que l’attractivité d’un site de production dépend avant tout de conditions stables et concurrentielles. La bataille ne concerne pas uniquement le pourcentage de pièces européennes, mais aussi la stabilité réglementaire et le coût de production. D’autres régions, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, cherchent aussi à attirer ces investissements.

Les risques d’un conflit ouvert

Ola Källenius anticipe un débat intense cette année sur la réglementation du contenu local. Il affirme être favorable à l’égalité des chances, mais met en garde contre une réglementation trop brutale, qui pourrait entraîner des effets imprévus. La façon dont Bruxelles tranchera cette question aura des conséquences importantes pour l’avenir de l’industrie automobile européenne, entre volonté de favoriser ses champions locaux et risque de déclencher une guerre commerciale.

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