Saab : 10 000 propriétaires doivent payer pour remplacer leur airbag défectueux

Saab : 10 000 propriétaires doivent payer pour remplacer leur airbag défectueux

10 000 propriétaires de Saab en France doivent remplacer leur airbag Takata, mais à leurs frais

En France, environ 10 000 propriétaires de voitures Saab fabriquées entre 2005 et 2011 ont reçu un courrier officiel leur demandant de faire remplacer l’airbag conducteur de leur véhicule. Ce rappel, lancé par le ministère des Transports en juin 2026, concerne des airbags défectueux produits par l’équipementier japonais Takata, en faillite.

Ces airbags, dont le propulseur au nitrate d’ammonium peut se dégrader avec le temps et l’humidité, peuvent exploser et provoquer des blessures graves. Ce défaut a déjà conduit à de nombreux rappels chez plusieurs constructeurs, comme Citroën, BMW, Volkswagen ou Mercedes.

Une information tardive et un suivi insuffisant

Pour Guillaume, 40 ans, fonctionnaire et propriétaire d’une Saab 9-5 de 2007, la nouvelle arrive tardivement. Il a découvert le danger des airbags Takata après plusieurs années, alors que son véhicule a passé le contrôle technique en décembre 2025. Selon lui, ni le constructeur, ni les autorités, ni les professionnels de l’automobile ne l’avaient alerté avant.

« Depuis l’achat de ma Saab, ni le constructeur, ni les autorités, ni aucun professionnel de l’automobile ne m’avaient alerté, alors que mon véhicule a passé son contrôle technique en décembre 2025 », grogne Guillaume.

Contrôle technique : un risque pour la sécurité

Depuis le 1er janvier 2026, la réglementation exige que les véhicules faisant l’objet d’un rappel « stop drive » (interdiction de circuler) avec un airbag Takata non remplacé échouent immédiatement au contrôle technique. Ils ne peuvent plus rouler sans intervention, sous peine de contre-visite critique et d’interdiction de circulation.

Cependant, pour Saab, aucune mesure « stop drive » n’a été officiellement émise en Europe. En l’absence d’accidents mortels recensés sur la marque en France, et avec la disparition de Saab du marché européen au début des années 2010, ces véhicules restent en circulation. La réglementation prévoit seulement un rappel simple, mentionné dans le procès-verbal du contrôle technique, sans interdiction immédiate de rouler. L’État espère que le cycle normal de contrôle technique permettra d’informer les propriétaires d’ici 2028.

Ce flou administratif cause une confusion chez certains garagistes. Certains pensent à tort que tous les véhicules Takata doivent être immobilisés, alors que ce n’est pas le cas. L’autorité de surveillance recommande toutefois aux propriétaires de ne pas utiliser leur voiture en attendant le remplacement de l’airbag.

Une facture coûteuse et un réseau d’ateliers insuffisant

Le danger est concret. En France, 47 accidents liés aux airbags Takata ont été recensés, causant 21 morts, dont 3 en métropole récemment, en Haute-Savoie. Pourtant, contrairement à d’autres marques où la réparation est gratuite, les propriétaires de Saab doivent payer eux-mêmes le remplacement.

« En raison de l’absence d’entité juridique capable, les frais de remplacement sont à la charge exclusive du propriétaire du véhicule Saab concerné », indique le courrier du ministère des Transports.

Le devis pour le remplacement s’élève à 475 euros, selon le spécialiste de pièces détachées Hedin Parts, qui propose des garages agréés pour effectuer l’intervention. Ce coût est jugé élevé par Guillaume, qui s’étonne de devoir payer pour un problème dont il n’est pas responsable.

De plus, la logistique complique la tâche. Le seul atelier agréé dans sa région est situé à deux heures de route, à Chaux dans le Territoire de Belfort. La carte des centres agréés montre un maillage très limité, laissant certaines régions comme le Nord-Est ou le Centre totalement dépourvues de garages en mesure d’intervenir.

Sur les réseaux d’entraide, de nombreux propriétaires dénoncent cette difficulté d’accès. À Strasbourg, par exemple, un automobiliste doit parcourir près de 150 km pour faire remplacer l’airbag dans un atelier agréé.

Une responsabilité douteuse de General Motors

Les autorités invoquent parfois l’absence de responsabilité de General Motors (GM), maison-mère de Saab lors de la fabrication. Selon le Service de la sécurité des marchés des véhicules et moteurs (SSMVM), GM n’était pas importateur en Europe et ne peut donc pas être tenu responsable juridiquement dans ce territoire.

Ce raisonnement ne tient pas dans d’autres pays. En Australie, par exemple, GM a été contraint dès janvier 2019 de lancer un rappel obligatoire, avec remplacement gratuit des airbags en environ une heure.

Malgré cela, en France, GM est toujours implantée. La société General Motors France est immatriculée à Paris, mais ses propriétaires peinent à obtenir des réponses. Guillaume, après avoir contacté une concession Cadillac, s’est vu refuser toute assistance ou information claire.

Selon lui, cette situation représente une double peine : un risque mortel pour lui et sa famille, combiné à une facture importante à sa charge.

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