Taxe kilométrique sur les voitures électriques : une révolution à l’étranger

Taxe kilométrique sur les voitures électriques : une révolution à l’étranger

Plusieurs pays ont déjà adopté une taxe basée sur le nombre de kilomètres parcourus par les voitures électriques. Parmi eux, la Nouvelle-Zélande, l’Islande et le Royaume-Uni ont mis en place des systèmes pour faire payer les conducteurs en fonction de leur usage, afin de compenser la baisse des recettes liées aux taxes sur les carburants.

Les exemples à l’étranger

En Nouvelle-Zélande, depuis avril 2024, les voitures électriques doivent acheter des droits pour rouler. Ce système, déjà en place pour les véhicules diesel, oblige les conducteurs à payer environ 38 euros pour 1 000 km parcourus. Pour une utilisation annuelle de 15 000 km, cela revient à environ 570 euros, selon le tarif appliqué. La déclaration kilométrique peut être contrôlée lors du contrôle technique.

En Islande, la taxe au kilomètre concerne aussi bien les voitures électriques qu’à hydrogène dès 2024. Depuis janvier 2026, tous les véhicules, y compris thermiques, sont soumis à cette redevance. Le tarif est d’environ 5 centimes d’euro par kilomètre pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes. Sur 15 000 km par an, la facture s’élève à environ 750 euros. Les conducteurs déclarent leur kilométrage périodiquement, et l’administration ajuste la taxation en fonction.

Le Royaume-Uni prévoit d’instaurer une taxe en avril 2028. Les voitures 100 % électriques paieront environ 2,2 centimes par kilomètre, soit environ 268 euros annuels pour 12 200 km. La déclaration de kilométrage se fait lors du contrôle technique, sans besoin de dispositifs GPS spécifiques.

La situation en France

En France, aucune taxe au kilomètre pour les voitures électriques n’a encore été annoncée. Toutefois, le sujet est en discussion dans les coulisses. La diminution des recettes liées aux taxes sur les carburants pourrait entraîner un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards d’euros à long terme. Le Conseil des prélèvements obligatoires a étudié différents scénarios pour compenser cette perte, notamment une taxe annuelle de détention d’environ 95 euros par véhicule.

Mettre en place une taxe au kilomètre rencontre des obstacles législatifs, notamment avec le droit européen encadrant les péages. Certains experts proposent plutôt d’autres solutions, comme la taxation lors du contrôle technique, l’utilisation de la télématique pour suivre les trajets ou une surtaxe à l’immatriculation, similaire au malus écologique. La question d’un malus basé sur le poids est aussi évoquée depuis plusieurs années.

Les pistes envisagées

La seule taxe au kilomètre déjà votée en France concerne les poids lourds : le R-Pass Alsace, qui s’appliquera dès 2027 pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes. Les voitures particulières, y compris électriques, y échappent encore. Plusieurs autres options sont aussi à l’étude, comme un suivi GPS précis pour ajuster la fiscalité en fonction du lieu et de l’heure de circulation. Cependant, cette solution soulève des questions de vie privée.

En définitive, la tendance internationale montre que la fiscalité automobile évolue. La fiscalité ne disparaît pas avec l’électrique, elle se déplace vers les kilomètres parcourus. Mais la mise en place d’un tel système en France reste encore en débat, avec de nombreux défis techniques et législatifs à relever.

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