Stellantis et Volkswagen menacés de milliards d’euros d’amendes pour non-respect des quotas CO2

Stellantis et Volkswagen menacés de milliards d’euros d’amendes pour non-respect des quotas CO2

Stellantis et Volkswagen confrontés aux enjeux des quotas CO2

Selon le cabinet Dataforce, Stellantis pourrait devoir payer jusqu’à 1,36 milliard d’euros en raison de dépassements des seuils de CO2 imposés en Europe. De son côté, Volkswagen serait encore plus exposé à ces sanctions financières.

Ces montants restent des estimations. En réalité, les constructeurs ont la possibilité d’acheter des crédits carbone à d’autres groupes plus vertueux, grâce à un système de mutualisation. Ce mécanisme offre une certaine marge de manœuvre pour limiter l’impact financier.

Une situation qui empire

Depuis 2025, la moyenne d’émissions de CO2 à ne pas dépasser est fixée à 93,6 grammes par kilomètre. Chaque constructeur dispose d’objectifs spécifiques en fonction de la composition de sa gamme. Au-delà de cette limite, la sanction s’élève à 95 euros par gramme excédentaire, multipliés par le nombre de véhicules immatriculés. Ce système punit particulièrement les groupes dont la transition vers l’électrique est encore limitée.

Stellantis se classe ainsi comme le deuxième constructeur le plus exposé en Europe, avec une estimation de dette carbone d’environ 1,36 milliard d’euros. Volkswagen arrive en tête, avec une dette estimée à 2,75 milliards d’euros, en hausse par rapport aux 2,3 milliards annoncés précédemment. Mercedes, Nissan et Mazda figurent également dans ce classement.

Le rôle du pooling et ses limites

Ce montant n’est qu’une simulation. Les constructeurs peuvent en effet acheter des crédits carbone auprès d’autres groupes via des accords de pooling. Sur ce marché, ce sont principalement des entreprises extra-européennes qui détiennent d’importantes réserves. Tesla, par exemple, possède environ 3 milliards d’euros en crédits, tandis que BYD en détient 2,25 milliards, Geely 1,8 milliard, Leapmotor 832 millions et Xpeng environ 400 millions.

Une partie de l’effort réglementaire européen pourrait donc profiter financièrement à ces constructeurs chinois ou américains, qui disposent de réserves importantes.

Les enjeux pour Stellantis

Pour Stellantis, l’enjeu dépasse la simple question financière. Le groupe doit trouver un équilibre entre ses véhicules thermiques, hybrides et électriques, dans un marché européen en mutation rapide. Plus les ventes de véhicules zéro émission augmenteront, plus la moyenne d’émissions du groupe pourrait diminuer, ce qui réduirait la facture théorique.

Cependant, cela ne garantit pas que ces efforts suffiront à combler l’écart d’ici la fin de l’année. Beaucoup dépendra aussi des décisions de Bruxelles concernant d’éventuels ajustements des règles sur les émissions de CO2.

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