TotalEnergies en profite : ses profits explosent avec la flambée des prix du carburant
TotalEnergies profite de la hausse des prix des carburants
En France, le prix moyen de l’essence SP95 est d’environ 2,17 euros le litre, et celui du gazole atteint 2,39 euros. Face à cette flambée des prix, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, se montre satisfait. Il indique que les raffineries européennes du groupe tournent à plein régime et qu’elles génèrent de véritables « mines d’or ».
Les grands profiteurs de la hausse
Les raffineurs de pétrole sont considérés comme les principaux bénéficiaires de cette situation. Le 15 septembre, Michel-Edouard Leclerc, président du groupement E. Leclerc, dénonçait sur BFMTV des marges de raffinage « stratosphériques ». De son côté, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, expliquait que ces marges avaient triplé, voire quadruplé, récemment.
Une rentabilité accrue grâce à la crise
Transformer le pétrole en carburant devient extrêmement rentable. Patrick Pouyanné a expliqué que l’activité de raffinage, habituellement déficitaire pour le groupe, dégage désormais d’importants bénéfices. La raison ? La perte des exportations de pétrole, notamment à cause du blocage du détroit d’Ormuz. Au premier semestre 2026, TotalEnergies a réalisé environ 4 milliards de dollars de bénéfices dans le raffinage, soit près de cinq fois plus que l’année précédente à la même période.
Une augmentation des marges difficilement justifiable
Selon la Confédération de la consommation, de la concurrence et du logement (CLCV), la marge sur le gazole a connu une augmentation importante, passant de 13,2 centimes par litre en 2025 à 36,4 centimes en avril 2026. L’association estime que ces hausses sont « difficilement compréhensibles », car les coûts de raffinage varient peu à court terme. Elle dénonce que ces augmentations contribuent à maintenir des prix élevés à la pompe, au détriment des automobilistes.
Une stratégie qui profite aux actionnaires
TotalEnergies, malgré une perte de plus de cinq milliards d’euros dans le raffinage en France sur une quinzaine d’années, continue d’investir dans ses trois raffineries françaises, à hauteur d’environ 500 millions d’euros par an. L’objectif est d’augmenter leur production, surtout dans un contexte mondial de forte tension sur certains carburants comme le diesel ou le kérosène.
Les attaques contre les sites pétrolier au Moyen-Orient et en Russie ont réduit leur capacité de production. En conséquence, le prix de vente de l’essence et du gazole est nettement supérieur à celui du pétrole brut, ce qui augmente encore les marges des raffineurs.
Une augmentation des dividendes
Profitant de la hausse des prix, TotalEnergies a doublé ses bénéfices au deuxième trimestre 2026, atteignant 5,4 milliards de dollars. La société prévoit une augmentation de plus de 5 % par an de ses dividendes entre 2026 et 2030. Patrick Pouyanné a déclaré que l’entreprise tirait parti de cette crise pour augmenter ses versements aux actionnaires, ce que Greenpeace critique vivement, dénonçant une stratégie visant à récompenser grassement ses investisseurs en pleine crise sociale.
Une position ferme sur le prix à la pompe
En réaction à la situation, TotalEnergies avait annoncé maintenir un plafond sur le prix des carburants dans ses stations françaises, à 1,99 euro pour l’essence et 2,25 euros pour le gazole, tant que la crise au Moyen-Orient durerait. Par ailleurs, face à la volonté de certains pays européens d’instaurer une taxe sur les profits des compagnies pétrolières, Patrick Pouyanné a averti que le groupe mettrait fin à ses ristournes si une telle taxe était adoptée.
Par Margaux Otter
