Vol de 500 000 € de batteries devant l’usine Stellantis à Hordain

Vol de 500 000 € de batteries devant l’usine Stellantis à Hordain

Stellantis se fait voler 500 000 euros de batteries sous le nez de son usine

Une remorque pleine de composants pour batteries a disparu en pleine nuit, face à l’usine Stellantis de Hordain, dans le Nord. La valeur de la cargaison serait de 500 000 euros, selon une source proche du dossier.

Stellantis a confirmé à l’AFP qu’un vol visant l’un de ses prestataires logistiques a été signalé à la gendarmerie. Le chiffre de 500 000 euros ne provient pas du constructeur. L’enquête serait entre les mains de la police judiciaire de Lille, qui privilégie l’hypothèse d’une opération de délinquance organisée.

Un butin qui ne se revend pas comme un vulgaire pare-choc

Il ne s’agit pas de batteries complètes prêtes à être montées, mais de cellules destinées aux modèles hybrides du groupe. À Hordain, Stellantis dispose d’ateliers d’assemblage de batteries au sein d’un complexe qui produit environ 600 utilitaires par jour pour plusieurs marques. Pour le reste (chimie des cellules, nombre de modules), rien n’a été communiqué.

Dérober un chargement est une chose, le transformer en argent en est une autre. Chaque composant répond à des spécifications précises, suit une traçabilité et exige des précautions de stockage et de manipulation. Trouver un acheteur ne suffit pas: la pièce doit être compatible avec l’usage visé et correctement assemblée. La valeur industrielle de ces cellules est élevée, mais leur valeur sur un marché parallèle est probablement moins élevée.

Un précédent américain et une chaîne logistique exposée

Le cas n’est pas isolé dans son principe. Une enquête appuyée sur des documents policiers a recensé au moins 11 vols présumés de remorques de batteries sur les sites de Tesla au Nevada depuis décembre 2025. Dans certains dossiers, les suspects se seraient fait passer pour des transporteurs autorisés avec de faux papiers. Rien n’indique que Hordain ait suivi le même scénario: le mode opératoire reste inconnu.

Ces affaires mettent en lumière un angle mort: le transport entre fournisseurs, entrepôts et usines où circulent des pièces de grande valeur avant de devenir des voitures. Pour Stellantis, le problème ne se limite pas au montant volé: un lot manquant peut dérégler des livraisons, surtout en flux tendu. Aucun arrêt de production n’a été signalé pour le moment.

Reste que ces affaires rappellent que, à proximité, l’usine de moteurs thermiques de Douvrin a fermé le 30 octobre, et une partie des salariés a rejoint la fabrique de batteries d’ACC. Bien que ces faits ne soient pas liés, ils illustrent une transition du territoire, passé de moteurs à des cellules.

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