2025 : 1 Français sur 5 repousse l’achat de sa voiture face à la crise
En 2025, un Français sur cinq a décidé de reporter l’achat d’une nouvelle voiture. Malgré les restrictions liées aux Zones à Faibles Emissions (ZFE) et les aides annoncées, cette tendance reflète une certaine prudence des automobilistes face à la hausse des prix et aux incertitudes concernant l’électrique.
Une tendance à la prudence chez les automobilistes
Une étude menée par BYmyCAR auprès de 1 000 conducteurs révèle que 20,9 % des Français ont repoussé leur projet d’achat de voiture pour l’année 2025. Par ailleurs, près de la moitié des sondés (45,8 %) ne prévoient pas de changer de véhicule dans les 12 prochains mois. Seuls 24 % envisagent un achat classique, tandis que 10,7 % optent pour une formule de leasing ou de Location avec Option d’Achat (LOA).
D’autres enquêtes confirment cette tendance. Un baromètre réalisé pour La Centrale et l’Ifop indique qu’environ 25 % des Français reportent aussi leur achat. L’Observatoire Cetelem souligne que 41 % n’envisagent pas d’acheter une voiture avant au moins un an, et 36 % n’en pensent pas acheter du tout. En conséquence, le marché du neuf est en recul, tandis que la vente de véhicules d’occasion progresse. Près de 63 % des Français privilégient désormais l’achat d’un véhicule d’occasion, ce qui fait grimper l’âge moyen du parc automobile à environ 11,2 ans.
Un parc automobile encore peu électrifié
Malgré les annonces, la transition vers l’électrique est encore timide. Selon BYmyCAR, seulement 5,6 % des automobilistes roulent aujourd’hui en voiture électrique à 100 %. La majorité du parc (82 %) reste composée de véhicules thermiques, dont 41,7 % diesel et 40,5 % essence. Les hybrides représentent 12,2 % des véhicules en circulation.
Ce comportement s’explique par la volonté de conserver des véhicules familiers, tout en évitant de se lancer rapidement dans une motorisation incertaine. La prudence des automobilistes est liée à plusieurs facteurs : le prix élevé des voitures, le coût d’usage au quotidien et le flou autour des futures réglementations.
Les raisons du report d’achat : prix, fiscalité et réglementation
Le prix des véhicules neufs a connu une augmentation importante, avec une hausse comprise entre 24 % et 40 % ces dernières années. Aujourd’hui, le prix moyen d’un véhicule neuf tourne autour de 34 000 à 36 700 €. Le budget mensuel consacré à l’automobile est également en hausse, passant en moyenne à 416 €, contre environ 238 € en 2025 selon une enquête OpinionWay pour Aramisauto.
Plus de la moitié des répondants (44,8 %) citent le prix comme principal frein à l’achat d’un véhicule électrique, devant l’autonomie ou le réseau de bornes de recharge. Le coût global d’usage, comprenant le carburant, l’entretien, l’assurance et les taxes, contribue également à cette hésitation.
Les incertitudes autour des ZFE
Une autre raison majeure du report concerne les réglementations environnementales. Beaucoup d’automobilistes attendent de voir si leur véhicule sera compatible avec les zones à circulation restreinte ou préfèrent patienter face à la complexité des aides et des dispositifs comme le leasing social. Selon une étude, 64 % des Français se disent “perdus” face à ces réglementations. Par ailleurs, 80 % s’estiment perdus dans la multitude d’aides disponibles, et 79 % pensent ne pas pouvoir bénéficier du leasing social.
Dans ce contexte, l’intérêt pour le leasing ou la LOA reste faible : seulement 10,7 % des intentions d’achat concernent ces formules. La principale motivation pour changer de voiture reste économique, plutôt que écologique. La confiance dans la technologie électrique est encore limitée, avec seulement 7,7 % des répondants évoquant ce facteur. La majorité des automobilistes changent de voiture pour continuer à circuler et éviter les interdictions, plutôt que pour des raisons environnementales.
