Lancia en déclin : un retour décevant qui menace sa survie
Une renaissance inaboutie
Le retour de Lancia sur le marché était présenté comme une nouvelle étape pour la marque italienne. Cependant, les résultats sont décevants. La nouvelle Ypsilon, lancée après treize ans d’attente, n’a pas permis de relancer les ventes. En 2025, la marque a vendu seulement 11 754 voitures en Europe, une chute de 64 % par rapport à l’année précédente. La situation est si critique que la continuité de la marque est remise en question.
Une chute spectaculaire
Pour comprendre l’ampleur du déclin, il faut remonter à 2016, année où Lancia atteignait son pic avec plus de 67 000 véhicules vendus. En 2024, la marque ne commercialisait plus qu’un seul modèle, l’ancienne Ypsilon, en Italie. À cette époque, elle écoulait plus de 32 000 unités. La différence est frappante : en dehors de l’Italie, la marque a disparu des radars pendant plusieurs années. Aujourd’hui, avec l’ouverture d’une soixantaine de concessions en Europe, elle vend trois fois moins qu’à son pic.
Une stratégie tarifaire contestée
La principale raison de cet échec réside dans la politique de prix. L’ancienne Ypsilon séduisait par son design et son prix abordable. La nouvelle version, en revanche, a été revalorisée pour s’inscrire dans une gamme premium. En voulant positionner Lancia comme une marque haut de gamme, Stellantis a augmenté considérablement ses tarifs. La clientèle fidèle, sensible au budget, ne voit pas l’intérêt de payer plus pour une citadine qui reste techniquement proche d’une Peugeot 208 ou une Opel Corsa. Ce décalage a freiné la reprise commerciale.
Une image à reconstruire
En dehors de l’Italie, la marque a perdu de sa notoriété. Les consommateurs ont peu d’échos de Lancia, hormis quelques souvenirs liés au rallye. Recréer une image forte et désirable est un défi immense, presque une mission impossible pour une marque qui a disparu du paysage pendant tant d’années.
Un avenir incertain
Les chiffres alarmants de ventes remettent en cause la viabilité à long terme de Lancia. Alors que Carlos Tavares avait promis une période de dix ans pour relancer la marque, la nouvelle direction, dirigée par Antonio Filosa, paraît moins optimiste. Avec moins de 12 000 voitures vendues par an, Lancia est devenue une marque de niche, comparable à des marques de supercars en volume mais sans leurs marges. La situation est aggravée par les difficultés rencontrées par DS Automobiles, la marque sœur, qui a aussi connu une baisse de demande en 2025.
Un plan de relance limité
Antonio Filosa a reconnu que la survie de la marque est incertaine. Si aucune amélioration n’intervient rapidement, maintenir Lancia en vie devient difficile, car la relance coûte plus qu’elle ne rapporte. Un second modèle est prévu pour cette année, ainsi que le retour très attendu de la Delta avant la fin de la décennie. L’objectif est de capitaliser sur des noms légendaires pour susciter à nouveau l’émotion. Cependant, la Gamma, une berline de taille moyenne, risque de peiner face à la domination des SUV en Europe, et la Delta semble trop éloignée pour répondre à l’urgence de la situation.
