Réforme du permis de conduire : une solution pour moins d’échecs et plus de réussite
Une possible réforme de l’examen du permis de conduire pour réduire les échecs
Depuis une dizaine d’années, le taux de réussite à l’examen pratique du permis de conduire demeure inférieur à 60 %. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile pour les candidats de décrocher une place pour passer cet examen, ce qui limite également le nombre de re-passages. La Sécurité routière envisage donc de simplifier les conditions d’obtention du permis.
Actuellement, de nombreux candidats échouent pour des fautes considérées comme éliminatoires, telles qu’un stop mal marqué ou un refus de priorité. Ces erreurs sont responsables de plus de 90 % des échecs à l’examen pratique.
Une réflexion en cours pour assouplir les règles
Les autorités réfléchissent à une possible modification du cadre de l’examen. L’idée serait notamment de laisser passer certaines fautes qui ne présentent pas de danger immédiat. Un groupe de travail, réunissant des représentants de l’administration, des syndicats d’inspecteurs et des auto-écoles, étudie cette piste depuis décembre dernier.
Selon eux, il pourrait s’agir de supprimer ou de limiter la portée de certaines fautes éliminatoires, en se concentrant davantage sur la notion de danger immédiat. Par exemple, un arrêt au stop non respecté mais qui n’a pas mis en danger les autres usagers pourrait ne plus être considéré comme éliminatoire, à la discrétion de l’inspecteur, selon les circonstances.
Les fautes souvent responsables de l’échec
Les fautes éliminatoires les plus fréquentes concernent le non-respect du code de la route, comme un refus de priorité ou un stop mal effectué. D’autres erreurs concernent le toucher du trottoir violemment, le manque d’observation ou de contrôle des rétroviseurs, ou encore le non-respect des distances de sécurité. Ces erreurs figurent parmi les dix fautes les plus courantes selon les auto-écoles.
Les pistes pour une réglementation plus souple
Les propositions pour assouplir l’examen incluent plusieurs options. La première serait de limiter le nombre d’erreurs éliminatoires à cinq, contre plus de 30 situations pouvant conduire à une élimination dans la grille d’évaluation actuelle. La seconde consisterait à donner à l’inspecteur la possibilité de décider si une erreur est éliminatoire ou non, selon le contexte. La troisième hypothèse envisage de permettre l’obtention du permis même en cas de faute éliminatoire, à condition que le candidat ait un certain niveau de compétences, avec une formation complémentaire de cinq heures.
Les réticences des professionnels et des élèves
Certains élèves ne sont pas favorables à une réduction des exigences, craignant que cela ne diminue la valeur du permis. Déborah, une élève, se demande si cela est mérité, tout en reconnaissant que le stress peut entraîner des petites fautes.
De leur côté, les professionnels de la conduite restent majoritairement opposés à cette approche. Patrick Mirouse, président de l’École française de conduite (ECF), souligne que le permis ne doit pas devenir une simple formalité, surtout dans le contexte de l’augmentation du nombre de morts sur les routes en France l’année dernière. Selon lui, il serait plus efficace d’améliorer la formation à la conduite, notamment en favorisant la conduite accompagnée, qui aurait déjà des effets positifs sur le taux de réussite et la sécurité.
Il propose notamment de commencer la conduite accompagnée dès 14 ans, au lieu de 15 ans actuellement, ce qui permettrait à la fois d’augmenter le taux de réussite, de réduire la durée de formation et le coût global pour les futurs conducteurs.
