BMW lance ses premiers robots humanoïdes en usine
BMW déploie ses premiers robots humanoïdes en usine
À Leipzig, BMW a lancé une phase pilote avec ses tout premiers robots humanoïdes sur une ligne de production. Une étape importante pour le constructeur automobile allemand, qui cherche à moderniser ses usines face à la concurrence asiatique et à la crise du secteur.
Présentation du robot AEON
Le robot, nommé AEON, mesure 1,65 mètre, pèse 60 kilos et se déplace sur deux roues. Sa silhouette, simple et modeste, rappelle davantage un stagiaire en scooter qu’un robot de science-fiction. Derrière cette apparence se cache une technologie avancée conçue par la société suédoise Hexagon.
Équipé de 22 capteurs et de plusieurs caméras, AEON peut cartographier son environnement en temps réel dans une usine entièrement numérisée. Il est capable de choisir son itinéraire et de manipuler des composants de façon autonome. Son autonomie est de trois heures, mais un système de recharge automatique lui permet de repartir en une trentaine de secondes, ce qui lui permet de suivre le rythme de la production.
Ce robot sera testé dans l’usine BMW de Leipzig dès cet été. Deux unités AEON seront déployées pendant plusieurs mois, avec la possibilité d’étendre le dispositif si les résultats sont positifs. Milan Nedeljkovic, futur directeur de la production chez BMW, a évoqué une intelligence artificielle « suffisamment intelligente pour prendre ses propres décisions ».
Les enjeux autour de l’emploi
Le sujet sensible de l’impact des robots sur l’emploi a été abordé. BMW affirme qu’aucun licenciement n’est prévu. Michael Ströbel, responsable de la numérisation, a précisé que ces robots sont là pour assister les employés, et non pour les remplacer.
Cependant, cette déclaration est accueillie avec prudence. L’histoire industrielle montre que, souvent, les phases pilotes et la promesse d’aucune réduction d’effectifs ne durent pas. Le coût élevé de ces robots, estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros, incite à rechercher un retour sur investissement, souvent par une réduction du personnel à terme.
Une compétition technologique internationale
Le lancement de cette initiative intervient dans un contexte géopolitique tendu. Lors de la présentation de AEON à Munich, le chancelier Friedrich Merz était en visite en Chine, où il a assisté à une démonstration de robots humanoïdes signés Unitree, capables de danser en synchronisation parfaite. La Chine a ainsi pris une avance significative dans la robotique humanoïde de grande taille.
Dans ce contexte, la démarche de BMW peut apparaître comme un signal d’alarme ou une opération de communication plutôt qu’une révolution technologique. Déjà, Hyundai avait présenté son robot Atlas lors du CES de Las Vegas en janvier. L’industrie automobile allemande, fragilisée par la transition vers l’électrique et la concurrence asiatique, veut montrer qu’elle ne reste pas inactive, même si ce sont désormais des bras mécaniques qui s’activent sur ses chaînes.
