Comment les GPS changent notre cerveau et notre façon de conduire

Comment les GPS changent notre cerveau et notre façon de conduire

Avec l’avènement des applications de navigation, la manière de se déplacer en voiture a considérablement changé. Autrefois, il fallait sortir la carte routière, mémoriser des croquis ou s’appuyer sur son sens de l’orientation pour arriver à destination. Aujourd’hui, la majorité des véhicules sont équipés de GPS ou d’écrans intégrés qui indiquent chaque tournant à suivre, facilitant ainsi la conduite.

Cependant, selon le neurologue Baibing Chen, cette assistance au volant n’est pas totalement innocente pour le cerveau. Dans une vidéo devenue virale, il met en garde contre les dangers liés à l’utilisation du GPS :

Les neurologues tirent la sonnette d’alarme sur le GPS

Sur la plateforme TikTok, où il intervient sous le nom @doctorbing, le spécialiste explique que « trop compter sur le GPS pourrait affaiblir la mémoire spatiale du cerveau ». Lorsqu’une voix guide chaque déplacement, l’hippocampe, la zone du cerveau responsable de la mémoire et de l’orientation, s’active moins. En revanche, ceux qui mémorisent des plans ou qui naviguent sans assistance sollicitent davantage cette région.

Des études récentes confirment ces observations. Une recherche menée en 2024 par l’University College London a montré que des difficultés à se repérer dans l’espace peuvent être un signe précurseur de démence. Par ailleurs, une étude publiée la même année dans le British Medical Journal a révélé que les chauffeurs de taxi ou d’ambulance, qui doivent souvent mémoriser des plans de ville, sont parmi les professionnels les moins touchés par Alzheimer. Selon Baibing Chen, cela s’explique par le fait que s’appuyer excessivement sur la technologie empêche le cerveau d’exercer cette zone essentielle.

L’impact du GPS sur l’hippocampe et la mémoire spatiale

L’hippocampe fonctionne comme un GPS interne. Il construit des cartes mentales des lieux et des trajets. Lorsqu’on suit un itinéraire en se repérant mentalement, cette région du cerveau travaille intensément. Une étude publiée en 2020 dans la revue Scientific Reports a suivi une cinquantaine de conducteurs sur trois ans. Elle a montré que ceux qui utilisaient fréquemment des applications comme Google Maps ou Waze avaient une mémoire spatiale moins performante et présentaient un déclin plus marqué que les autres.

Les chercheurs insistent toutefois sur le fait que ces travaux établissent un lien, mais ne prouvent pas que le GPS cause directement la maladie d’Alzheimer. Ils évoquent plutôt la notion de « réserve cognitive », c’est-à-dire la capacité du cerveau à compenser les pertes liées à l’âge ou à la maladie. Selon le neurologue Richard Restak, dans son livre Comment prévenir la démence, plus on stimule cette réserve en enrichissant ses expériences et ses connaissances, plus le cerveau dispose d’une marge de manœuvre face au vieillissement.

Comment limiter la dépendance au GPS

Sans pour autant éliminer complètement cet outil pratique, les experts recommandent quelques stratégies pour préserver la santé cérébrale. Il est conseillé de visualiser son trajet avant de partir, de faire de temps en temps des parcours connus sans guidage, ou encore de stimuler l’orientation à l’aide de jeux ou de cartes papier.

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